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Les projets -- Les investissements résultant de la contribution des partenaires Techniques et financiers de la décentralisation


SOMMAIRE

Introduction
1. Le collectif des bailleurs de fonds : (les Pays Bas, le Danemark, le Canada, la Suisse)
2. La Coopération Néerlandaise
3. Le Coopération Danoise
4. La Coopération Canadienne
5. La Coopération Suisse
6. La Coopération Française
7. La Coopération Allemande
8. La Coopération Belge
9. La Banque Africaine de Développement (BAD)
10. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
11. La Banque Mondiale
12. Les ONG
13. La Coopération Décentralisée
14. Observations
15. Tableau indicatif des interventions de quelques partenaires techniques et financiers dans le domaine de la décentralisation

Introduction

Il est certain que l'établissement d'un inventaire des partenaires techniques et financiers accompagnant le processus de décentralisation est une opération difficile à réaliser. En effet, les partenaires au développement  n'ont pas attendu la mise en ouvre d'un processus formel de décentralisation pour accompagner le développement local, même s'il faut aujourd'hui reconnaître la volonté qui les anime tous dans l'accompagnement du processus par l'appui à la mise en ouvre des compétences à transférer aux collectivités locales (santé, éducation, pistes rurales etc..).

Il est donc souhaitable que le processus de décentralisation puisse se renforcer et créer ainsi le cadre fédérateur des interventions des différents partenaires (Etat, partenaires au développement, collectivités locales, populations) et permettre ainsi aux partenaires techniques et financiers, notamment de pouvoir accompagner le processus dans son ensemble, en amont par un appui  au renforcement institutionnel de la décentralisation, et en aval par un appui au développement local.

1. Le collectif des bailleurs de fonds : (les Pays Bas, le Danemark, le Canada, la Suisse)

Ce collectif a permis le démarrage et le renforcement du processus de décentralisation au Burkina Faso. Ses membres ont intervenu ensemble ou séparément selon l'objet ou les collectivités locales ciblées. Ainsi le collectif a financé conjointement les investissements  et la formation dans les communes par le biais du FODECOL et de l'AGEDECOL, deux instruments d'accompagnement créés par la CND et actuellement rattachés au Secrétariat Général du MATD. Parallèlement et isolément, la Coopération Suisse finance en outre la création d'Etablissements Publics Communaux de Développement (EPCD) dans certaines communes urbaines.

La formule du financement collectif est de loin la meilleure, en ce qu'elle privilégie le leadership et le respect des options de la partie nationale, permet l'harmonisation des différentes procédures et la constitution de fonds substantiels qui facilitent les investissements. Mais cette technique ne semble pas recueillir l'assentiment de nombreux partenaires.  En effet, certaines agences de coopération (Allemagne, France etc.) quand bien même ils appuient le processus de décentralisation, ont préféré mettre en place leur mécanismes propres d'accompagnement du processus, et n'ont donc pas rejoint le collectif. Dans ce sens la coopération allemande a préféré les formules du FICOM et de la CND-GTZ/Formation , en lieu et place des fonds fongibles dans le FODECOM et le SAGEDECOM.Même ceux qui l'avaient rejoint, avaient  continué d'avoir des mécanismes parallèles propres d'accompagnement de la décentralisation (Pays Bas, Canada).

Enfin, à son terme (fin 2003), aucun des membres du Collectif ne semble vouloir rééditer l'expérience.

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2. La Coopération Néerlandaise

L'appui des Pays-Bas au processus de décentralisation s'est axé sur la fongibilité de ses aides dans les fonds du Collectif. A travers donc les instruments de la CND (FODECOM  et SAGEDECOM [1] ),  les Pays-Bas ont fortement soutenu le processus de la décentralisation. Mais la coopération néerlandaise appuie également le processus de la décentralisation  à travers des projets locaux de développement (PDRI/Kaya).

[1] Ces deux instruments techniques et financiers mis pas en place par la Commission Nationale de la Décentralisation ont vu leur champ d'intervention s'élargir à toutes les collectivités locales et non seulement aux communes .Ils ont, en outre été rattachés au Secrétariat général du MATD (FODECOL et AGEDECOL)

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3. Le Coopération Danoise

Le Royaume du Danemark est membre du Collectif des Bailleurs de fonds. A ce titre, et à travers une convention signé le 27 novembre 1998,  le Danemark  a, sur une période de 5 ans , appuyé le processus de décentralisation avec un budget total de trois milliards neuf cent cinquante trois millions neuf cent treize mille (3.953.913.000) FCFA. Par ce programme, le Danemark a appuyé institutionnellement le MATD, financé la CND, à travers le FODECOM et le SAGEDECOM, et financé enfin  un Fonds d'Investissement Local au Séno et au Yagha FIL SENO/YAGHA) et un Projet de développement Local (PDLK) dans la province de la Komondjari .

La phase n°2 du programme d'appui danois à la décentralisation et à la déconcentration est en phase de démarrage (1er Janvier 2004) . A travers ce nouveau programme, le Danemark continuera d'apporter son appui au MATD, à la CND, au FODECOM et à  la Société Civile( AMBF, AFEB) aux conseils provinciaux, aux  communes rurales et aux CVGT du Séno, du Yagha et de la Komondjaridans le cadre de l'appui au développement local  de ces localités.

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4. La Coopération Canadienne

Le Canada est  également membre du collectif des bailleurs de fonds de la décentralisation.

Le Canada a en outre, de 1998 à 2001 apporté son appui au processus de décentralisation par un appui institutionnel à travers le Programme d'Appui à la Consolidation de la Décentralisation (PACD) et par un appui développement local à travers le Projet d'Appui à la Décentralisation  au Nahouri (PADN). Le PADN  et le PACD ont pris fin en 2001.

Depuis les consultations bilatérales de Janvier 2001, le Canada a entrepris de reformuler son mode d'intervention qui sera désormais fait dans le cadre d'une programmation décennale 2000-2010,axé autour de trois grands secteurs de concentration parmi lesquels l'appui au processus de décentralisation. Le Canada, qui a fortement insisté sur la clarification de l'organisation des institutions en charge de la décentralisation, envisage de poursuivre son appui à la CND, au MATD. Au niveau du développement local, le Canada envisage une concentration sectorielle et géographique de  ses interventions dans une ou deux régions qui restent à déterminer. Le Canada envisage y développer un programme synergique qui intégrerait la décentralisation au développement des économies locales.

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5. La Coopération Suisse

La coopération suisse est également membre du collectif des bailleurs de fonds et a de ce fait, contribué à la mobilisation de ressources pour financer les différents programmes de la CND.

Dans le cadre de la mise en ouvre du programme de développement des dix villes moyennes, la coopération suisse finance les communes de Ouahigouya, Koudougou et Fada N'gourma à travers les Etablissement Publics Communaux de Développement (EPCD).

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6. La Coopération Française

Elle intervient à travers:

  • l'Agence Française de Développement (AFD) qui finance des projets communaux surtout marchands, à Ouagadougou , Bobo - Dioulasso et Léo.
  • le Fonds Social de Développement (FSD) qui finance des micro-projets dans les communes de diverses localités;
  • le Fonds d'Aide et de Coopération (FAC) qui apporte un appui institutionnel au MATD et à l'AMBF avec le Projet d'Appui à la Décentralisation et à la Déconcentration (PADD). Ce projet, qui fait suite à un précédent (le FACOL) a pris fin. La coopération française envisage pour la suite, de formuler un nouveau projet d'appui à la décentralisation .

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7. La Coopération Allemande

Si la coopération allemande n'a pas rejoint les partenaires regroupés au sein du  collectif des bailleurs de fonds, elle n'en apporte pas moins d'importantes contributions à la mise en ouvre et à la consolidation de la décentralisation au Burkina Faso. Elle dispose pour ce faire de quatre(4)mécanismes de coopération: Financière (la KfW), Technique (la GTZ) Personnelle (le DED) et INWENT.

  • la KfW assure le financement par l'intermédiaire du FICOM (géré par la BACB) d'infrastructures et d'équipements dans 47 communes urbaines (hormis Ouagadougou et Bobo Dioulasso);  Le FICOM  est à sa troisième phase d'exécution avec les montants respectifs suivants:
    • Phase I = 1.243.000.000 FCFA
    • Phase II =  2.700.000.000 FCFA
    • Phase III =  4.600.000.000 FCF

    Le FICOM est une subvention de l'Etat allemand qui se singularise par la facilité de mobilisation des ressources en raison de  la simplicité des procédures( fonds logés en banque privée). Toutefois le FICOM rencontre quelques difficultés liées à la mobilisation des contreparties exigées  des communes bénéficiaires au titre de leur quote-part obligatoire. La KfW finance également un Projet de réalisation de pistes rurales à travers le Projet HIMOà hauteur de 1.245.000.000 FCFA. Ces fonds sont également logés dans une banque privée.

  • la GTZ,  à travers le Projet d'Appui à la Décentralisation, appuie le MATD (PAD- CT/MATD )avec un Conseiller Technique, la CND (PAD-  CND/GTZ- FORMATION) avec un contrat de financement, et l'AMBF.L'appui de la GTZ concerne la formation des élus, des cadres municipaux , le personnel administratif déconcentré ainsi que les responsables des groupements socioprofessionnels;

  • le DED à travers des projets ruraux et sociaux;

  • INWENT

Toutefois la coopération entend à l'avenir opérer une concentration sectorielle (agriculture, gestion des ressources naturelles/eau potable/décentralisation) et géographique (Régions de l'Est, du Sud-Ouest plus la province de la Sissili) de ses activités. Elle appellera en même ses instruments d'intervention à la même coordination/concentration.

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8. La Coopération Belge

La Coopération Belge intervient dans un certain nombre de localités pour de petits projets divers ( ex. Ziniaré)

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9. La Banque Africaine de Développement (BAD)

Dans le cadre du Programme de réduction de la pauvreté, la BAD a lancé (pour 2002 à 2005)  un Programme de Réduction de la Pauvreté au niveau Communal/PRPC); La BAD a donc mis en place un Fonds de Développement Communal  dont le but est de renforcer les capacités des 15 communes urbaines les plus pauvres. Le PRPC s'appuie sur le FODECOL et l'AGEDECOL pour ce qui relève de leurs attributions pour l'exécution de ses interventions dans les communes concernées( renforcement de capacités, maîtrise d'ouvrage pour la réalisation d'infrastructures etc..).

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10. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

Cette Institution envisageait  de mettre  en place un Programme d'Appui à la Concertation et à la Bonne Gouvernance(2002-2005).Ce programme n'a pas encore démarré. Ce programme aura pour objectif le renforcement des capacités des institutions locales de concertation, l'accompagnement du processus de décentralisation et la promotion de la bonne gouvernance. Le projet appuiera notamment le MATD (DGDCL, CND), les DREP, la DGAT/DLR(Medev), les CCTP et les CVGT.

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11. La Banque Mondiale

Les projets urbains de la Banque Mondiale concernent surtout les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, mais touchent également d'autres communes urbaines;

Dans le cadre du développement rural décentralisé, la Banque Mondiale finance avec le Royaume du Danemark, pour un montant de 114 millions de dollars US et pour une période de15 ans, le PNGT2. L'objectif de ce  Programme est de réduire rapidement la pauvreté rurale et de promouvoir un développement humain durable. Le PNGT2 reste un puissant outil du développement local et de renforcement de la décentralisation en milieu rural, pour peu que ses méthodes d'intervention soient harmonisées avec les Textes d'Orientation de la Décentralisation et avec les procédures des autres bailleurs intervenant dans le développement local pour faciliter les interventions concertées.

La Banque Mondiale envisage en outre d'appuyer par un Programme en cours de formulation le  renforcement des capacités institutionnelles de l'Administration.

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12. Les ONG

De multiples ONG et d'autres bailleurs de fonds bi- ou multilatéraux financent également des activités et des réalisations dans différentes communes du pays.

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13. La Coopération Décentralisée

La Coopération Décentralisée, par les jumelages et l'activité des ONG, intervient dans beaucoup de collectivités locales; C'est en vue d'harmoniser ces interventions qu'il a été mis en place, aux côtés du Comité National de Jumelage, une Commission Nationale de la Coopération Décentralisée(CONACOD), installée en 2001.

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14. Observations

L'essentiel des financements effectués au profit de la décentralisation au Burkina Faso se caractérise par :

  • Une faible capacité de maîtrise d'ouvrage des collectivités exposant celles-ci aux mécanisme d'assistance ou de délégation de la maîtrise d'ouvrage;
  • Une faible capacité d'auto-financement des collectivités locales; Cette situation née de la jeunesse  du processus devrait à terme être corrigée par la mise en place d'un système pérenne de financement des investissement des collectivités locales à augmenter avant les prochaines élections rurales;
  • Un rôle important de l'aide extérieure : Celle-ci intervient pour la majorité des partenaires techniques  bilatéraux ou multilatéraux sous forme de projets / programmes pour un peu plus de 70 % [2] environ des investissements des collectivités locales;
  • L'existence de plusieurs procédures et mécanismes d'intervention. Ces procédures sont en effet propres à chaque bailleur de fonds. A l'exception du collectif des bailleurs de fonds ci-dessus mentionné, aucune tentative de coordination des interventions n'a été tenté par l'Etat, encore moins les collectivités locales et les partenaires techniques et financiers de la décentralisation.

    Les financements concernent:
    • le renforcement des capacités institutionnelles des collectivités locales ou des administrations d'accompagnement( CND, MATD, AMBF et Communes)
    • l'appui au développement local par:
      • la réalisation d'infrastructures: publiques (routes, ponts, etc.), sociales (écoles, CSPS, maisons de jeunes, puits, etc.) et marchandes (gares routières, marchés, parcs et marchés à bétail, etc.);
      •  la construction de pistes rurales;
      • la réalisation d'équipements divers;
      • la formation des élus  et agents locaux des communes
    • etc..
  • A cet effet, la tendance au choix des zones privilégiées d'intervention reste forte chez tous les bailleurs (ex. Dori, Dédougou pour la coopération allemande, Bobo pour la coopération française,  Dori, Sebba pour la coopération danoise, Fada N'gourma, Ouahigouya  Koudougou pour la coopération suisse etc..). Une tendance à la concentration sectorielle (secteurs d'intervention) vient s'ajouter à cette concentration géographique ( zones de l'Est et du Sud Ouest pour la coopération allemande, identification de région d'intervention en cours pour le Canada etc..)

  • Une faible appropriation des projets par les bénéficiaires:

    Bien peu de bénéficiaires des investissements locaux (entités décentralisées et autres bénéficiaires comme les groupements socioprofessionnels) possèdent véritablement les capacités d'assumer les responsabilités de maître d'ouvrage et de gestion convenable des réalisations acquises. Il n'est pas toujours en effet réservé de crédits par ces bénéficiaires pour prendre en compte les charges récurrentes et les besoins en provisions pour le renouvellement, le réinvestissement et l'entretien des infrastructures.

    Les bailleurs de fonds de la décentralisation sont cependant tous unanimes à reconnaître, et malgré les difficultés rencontrées dans la mise en ouvre de la décentralisation et les différences d'approche, la nécessité de poursuive les appuis financiers aux collectivités décentralisées. Ils appellent tous à la mise en ouvre de  l'option faite par le Gouvernement dans la Lettre de Politique de Développement Rural Décentralisé, en prônant la mise en place d'un cadre de concertation entre bailleurs et partenaires pour un meilleur cadrage des interventions, l'harmonisation  des approches de financement, l'institutionnalisation  et le renforcement de mécanismes de concertations régulières etc.

    Les partenaires souhaiteraient cependant voir finaliser le Cadre Stratégique pour la mise en ouvre de la décentralisation qui servira de référentiel pour la programmation de leurs interventions respectives. Le Burkina Faso  devra donc, en vue de discipliner définitivement les bailleurs, concrétiser la volonté politique suffisamment affirmée depuis 1993 et surtout en 1998, 2001 et 2003, avec l'adoption et les modification apportées aux TOD, de poursuivre la  décentralisation en finalisant et en mettant en ouvre le cadre stratégique de mise en ouvre de la décentralisation, tout en harmonisant les différents cadres juridiques d'harmonisation et de  concertation prévus par les différents textes (TOD, RAF et la LPDRD etc..)

[2] Impact Plus: étude sur le financement pérenne des investissements dans les collectivités locales /2000

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15. Tableau indicatif des interventions de quelques partenaires techniques et financiers dans le domaine de la décentralisation

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Ce tableau est seulement indicatif et ne fait pas un inventaire exhaustif  l'ensemble des interventions des partenaires techniques et financiers dans le domaine de la décentralisation.

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© 2005 MATD