La Décentralisation -- De la présentation générale du processus
de décentralisation
SOMMAIRE
Introduction
1. L'historique de la décentralisation
2. L'organisation territoriAale, les compétences
et moyens d'action des collectivités locales
3. Les innovations des lois de décentralisation de 1988
4. Le point sur l'application des lois de 1988
5. Les préoccupations actuelles de la mise en oeuvre de la
décentralisation
L'une des conséquences de l'avènement de l'Etat de droit est l'adoption de
la décentralisation comme système d'organisation de l'administration du territoire
qui confère à des collectivités territoriales décentralisées ou collectivités
locales le pouvoir de s'administrer librement.
Le Burkina Faso a choisi de faire de la décentralisation sa politique pour
la participation effective des populations à l'exercice du pouvoir et à la gestion
des affaires locales.
La décentralisation, inscrite par la loi comme «fondement
de la démocratie et du développement» est en marche depuis
1995.Elle mobilise des acteurs nationaux et intéresse des partenaires
au développement qui du reste assurent pour l'essentiel de son financement.
1. L'historique de la décentralisation
L'histoire de la décentAralisation au Burkina
Faso remonte à la période coloniale, avec l'érection des deux principales villes
du pays en communes mixtes, Bobo-Dioulasso en 1926 et Ouagadougou en 1952.
- En 1955, une loi viendra restructurer ces deux comme
mixtes en communes de plein exercice;
- En 1960, furent créées des collectivités rurales.
Il en existait deux types:
- les collectivités rurales de plein exercice dont
les présidents étaient élus;
- les collectivités de moyen exercice dont la présidence
était assurée par le chef de circonscription administrative la plus proche.
- A partir de 1966, avec l'arrivée de l'armée au pouvoir,
les conseils des collectivités furent remplacés par des délégations spéciales.
- En 1974, une réorganisation de l'administration du
territoire créait des conseils départementaux, sous-préfectoraux et d'arrondissements.
Le département était une collectivité A locale devant avoir un organe délibérant
élu. Malheureusement, il n'eut pas d'élections.
L'avènement du Conseil National de la Révolution en
1983 entraîna une réorganisation du territoire avec la création des provinces
et les Comités de Défense de la Révolution comme cellule de base du pouvoir
démocratique et populaire.
Mais toutes ces expériences demeurent inachevées car
les organes de gestion ont souvent été nommés par le gouvernement du fait des
Etats d'exception, hypothéquant ainsi la libre administration des collectivités
locales.
C'est dans la Constitution du 02 juin 1991 (révisée
par la loi n°002/97/ADP du 27 janvier 1997) que le renouveau actuel du processus
de décentralisation trouve son fondement. En effet la Constitution dispose que:
- Le Burkina Faso est organisé en collectivités territoriales
(Article 143);
- La création, la suppression, le découpage des collectivités
territoriales sont du ressort de la loi. (Article 144);
- La loi organise la participation démocratique Ades
populations à la libre administration des collectivités territoriales (Article
145).
Le processus de décentralisation ainsi consacré par
notre loi fondamentale prend forme avec l'adoption des lois de décentralisation
en 1993 portant organisation de l'administration du territoire, organisation
municipale, statuts particuliers des communes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
- En 1995, des élections municipales sont organisées
consécutivement à ces lois, dans les 33 communes de plein exercice de l'époque.
- En 1996, le nombre des collectivités provinciales
se renforce avec la création de quinze (15) nouvelles provinces, induisant
du même fait, la création de 14 nouvelles communes urbaines. Par ailleurs,
cinquante (50) nouveaux départements sont créés.
- En 1998, le Burkina Faso, fort de l'expérience
des cinq années de communalisation, se dote d'un nouvel ordonnancement juridique
pour la mise en ouvre de la décentralisation. Cet ordonnancement est constitué
de quatre lois couramment appelées «Textes d'Orientation de la Décentralisation
(TOD)». A
Il s'agit de:
- La loi n°040/98-AN du 03 août 1998 portant orientation
de la décentralisation. Il s'agit d'une loi qui fixe les principes de base
de la décentralisation au Burkina Faso.
- La loi n°041/98-AN du 06 août 1998, portant organisation
de l'administration du territoire. Cette loi distingue en les traitant, d'une
par les circonscriptions administratives (village, département, province,
région), d'autre part les collectivités locales (commune, province, région).traite
des organes de gestion (exécutif et délibérant) des collectivités locales,
de l'administration locale, des représentants et de concertation.
- La loi n°042/98 du 06 août 1998, portant organisation
et fonctionnement des Collectivités locales. Cette loi traite des organes
de gestion (exécutif et délibérant) des collectivités locale, des représentants
de l'Etat dans les collectivités locales, des organes consultatifs et de concertation.
- La loi n°043/98-AN du 06 août 1998 portant programmation
de la mise en ouvre de la décentralisation. Il s'agit d'une loi pour servir
de tableau de bord avec un échéancier pour la mise en application effective
de l'ensemble des dispositions contenues dans les trois premiers textes de
lois.
[Haut]
2. L'organisation territoriale, les
compétences et moyens d'action des collectivités locales
2.1. L'organisation territoriale
Au terme de la loi, le territoire du Burkina Faso est
divisé en collectivités locales et en circonscriptions administratives.
2.1.1 Les collectivités locales
Les collectivités locales sont:
- La commune, collectivité de base: A ce niveau
on distingue deux types de communes,
- la commune urbaine,
- A la commune rurale.
- La province et la région qui sont des collectivités
locales et également des circonscriptions administratives.
2.1.2 Les circonscriptions administratives sont:
- le village,
- le département,
- la province,
- et la région.
2.2. Les compétences et moyens d'actions des collectivités
locales
Les lois de décentralisation de 1998 consacrent le
transfert de onze (11) domaines de compétences aux collectivités locales. Ce
transfert de compétences obéit au principe du subsidiarité et s'opère par blocs
de compétences ainsi qu'il suit :
- Domaine foncier propre aux collectivités locales
- Aménagement du territoire et gestion du domaine foncier
et urbanisme;
- Environnement et gestion des ressources naturelles;
- Développement économique et planification;
- Santé et hygiène;
- Education, formation professionnelle et alphabétisation;
- Culture, sports et loisirs;
- Protection civile, assistance et secours;
- Pompes funèbres et cimetières
- Eau et électricité;
- Marchés, abattoirs et foires
Ces compétences sont dévolues aux collectivités locales
selon le principe de subsidiarité, qui, faut-il le rappeler, est un mode de
dévolution des compétences qui veut les niveaux inférieurs exercent les compétences
et les pouvoirs qu'ils peuvent correctement et mieux exécuter que les niveaux
supérieurs. Le niveau supérieur n'intervient dans les compétences qu'en cas
de Acarence constatée ou de refus manifeste
Le niveau supérieur n'intervient dans les compétences
qu'en cas de carence constatée ou de refus manifeste du niveau inférieur d'assumer
ses responsabilités.
Ainsi, les activités de base ont été dévolues à la
commune à titre exclusif, tandis que les compétences intermédiaires le sont
à la province à titre exclusif ou sont quelquefois partagées.
2.3. Les moyens d'actions des collectivités locales
Pour fonctionner et prendre en charge leur développement
à travers l'exercice des compétences transférées, les collectivités locales
doivent disposer de moyens humains et matériels propres et mobilier leurs ressources
à partir des sources suivantes:
- les impôts locaux
- les produits des services,
- les dotations du budget de l'Etat,
- la coopération décentralisée
[Haut]
3. Les innovations des lois de décentralisation
de 1988
Les lois de décentralisation de 1988 constituent un
progrès dans la mise en processus de décentralisation en ce qu'elles ont introduit
des innovations qui sont des bases de renforcement de la décentralisation. Parmi
les innovations importantes ont peut citer:
- l'option pour une dynamique urbaine et un dynamique
rurale de la décentralisation;
- la détermination de principes de base de la décentralisation;
- la définition de blocs de compétences dévolus aux
collectivités locales
- la définition d'instruments de mobilisation des ressources
au profit des collectivités locales;
- l'allègement de la tutelle de l'Etat;
- la fixation d'un calendrier de mise en ouvre des
dispositions des lois etc.
3.1. Les dynamiques urbaine et rurale de la décentralisation
...................
3.2. Les princAipes de base de la décentralisation
Ces principes, contenus dans la loi n°040/98/AN du
06 août 1998 portant orientation de la décentralisation sont les suivants:
- La décentralisation est adoptée comme axe fondamental
du développement et de la démocratie;
- Respect de l'unité de l'Etat: la décentralisation
s'opère dans le cadre de l'Etat unitaire
- Accompagnement de la décentralisation par la déconcentration;
- La progressivité: la création, la mise en
place des organes de gestion, le transfert des compétences aux collectivités
locales se font progressivement en fonction de l'adhésion des acteurs, des
capacités de gestion des populations, des moyens de mise en ouvre de l'Etat;
- La subsidiarité: l'action des collectivités locales
de base ou des collectivités intermédiaires (communes et provinces, région)
doit être primordiale dans les domaines touchant au plus près chaque niveau
de A collectivité; l'Etat, en dehors des domaines qui lui sont réservés, intervient
en appui aux collectivités locales;
- La concomitance du transfert des compétences et des
ressources: l'Etat, en transférant des compétences aux collectivités locales
doit leur transférer en même les ressources nécessaires pour la prise en charge
de ces compétences;
- Le devoir d'assistance de l'Etat: la décentralisation
ne se fait pas à la décharge totale de l'Etat, ni contre l'Etat, mais avec
l'Etat qui doit s'organiser convenablement pour assurer l'appui technique
et l'accompagnement des collectivités locales dans leurs efforts de développement.
3.3 Des blocs de compétences
...................
3.4 La programmation de la mise en ouvre
...................
[Haut]
4. Le point sur l'application des lois
de 1988
4.1. De l'application des dispositions légales
...................
4.2. Des acquis et insuffisances dans la
mise en ouvre de la décentralisation
Au delà du point
fait sur l'application des dispositions de la loi, on peut, plus de sept ans
après le début de la mise en ouvre du processus, en constater les effets concrets
en termes d'acquis, mais aussi d'insuffisances.
En ce qui concerne
les acquis, nous pouvons citer:
- le fonctionnement
des communes urbaines;
- les efforts
de réalisation et de gestion d'infrastructures socio-économiques par les communes
urbaines;
- l'expérience
de la démocratie locale marquée par plus de participation aux électionsmunicipales
qu'aux législatives ou aux présidentielles;
- les efforts
de mobilisation des ressources marquées par l'accroissement des budgets locaux;
- l'appui effectif
des partenaires au développement.
En ce qui concerne
les insuffisances nous pouvons énoncer:
- l'inadéquation
des moyens des communes urbaines existantes par défaut de transfert efAfectif
des ressources;
- la mise en place
inachevée des collectivités locales, notamment la commune rurale et la province;
- la faible couverture
du territoire par la décentralisation dû au fait que la décentralisation urbaine
en marche touche quarante neuf (49) centres urbains pour une population globale
de 1 871 565 d'habitants, soit environ 18% de la population nationale et que
la population rurale est encore en dehors du débat de la décentralisation;
de ce fait, la déconcentration demeure donc pour le moment, le système d'administration
qui régit la grande partie du territoire;
- cette déconcentration
qui doit accompagner le processus de décentralisation reste elle-même pour
le moment inachevée, tant au niveau des circonscriptions administratives qu'à
celui des structures techniques des différents départements ministériels;
- la faible capacité
de gestion de certains élus locaux;
- la faible implication
de la société civile et des populations dans nombre de municipalités;
- les démarches
contradictoires des projets et programmes sectoriels avec le cadre global
de la décentralisation etc..;
- l'absence d'un
cadre global de stratégie de mise en ouvre de la décentralisation.
[Haut]
5.
Les préoccupations actuelles de la mise en oeuvre de la décentralisation
L'Etat des lieux
de la décentralisation ainsi présenté laisse apparaître les points de préoccupations
suivants:
- le transfert
effectif des compétences et des ressources aux collectivités,
- la mise en place
des communes rurales et la couverture totale du territoire;
- le financement
de la décentralisation.
Consulter
le site www.inforoute-communale.gov.bf
pour de plus amples informations.
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