MONOGRAPHIE DE LA PROVINCE DU SANGUIE


 

INTRODUCTION

 

La présente monographie est une actualisation de celle éditée en mars 2001 par la Direction Régionale de l'Economie et du Développement du Centre Ouest (DRED_CO). Elle a été réalisée grâce au soutien financier du Programme National de gestion des terroirs (PNGT2). L'objectif de la monographie est de mettre à la disposition des acteurs au développement et de la population, des données susceptibles de les aider à connaître la Province et de susciter leur réaction afin qu'ils apportent éventuellement leur contribution à l'amélioration du bien être des populations.

 

La monographie qui constitue une carte d'identité de la province nous aidera à mieux connaître le Sanguié. Elle est un document qui décrit toute la vie de la province. Cette description concerne le cadre physique et administratif, l'historique et l'organisation sociale, le mouvement de la population, les secteurs sociaux, les secteurs de production, les secteurs de soutien à la production, le cadre de concertation, les acteurs du développement et la vie économique. Cette monographie accorde une grande place à l'analyse, à l'interprétation et à l'évolution des faits.

 

Les sources d'investigation utilisées sont l'étude documentaire, les enquêtes de terrain à travers les interviews et l'observation directe. Le travail de terrain a consisté à la collecte des données quantitatives et qualitatives auprès de plusieurs sources d'informations de la province et de Ouagadougou.

 

L'étude a tenté autant que possible de cerner la dimension dynamique des domaines abordés. Mais, le manque et/ou l'absence de données fiables dans quelques domaines n'ont pas permis de faire une analyse de la dynamique de certaines facettes de la province.


I - PRESENTATION DU CADRE PHYSIQUE ET ADMINISTRATIF




1.1. Présentation du cadre naturel

 

1.1.1.     Climat - pluviométrie  

 

ü      Le type de climat.

 

L'ensemble de la province du Sanguié connaît un climat de type soudano- sahélien caractérisé par une courte saison de pluies allant de juin à septembre, ventilé du Sud à L'ouest par la mousson et une longue saison sèche allant d'octobre à mai, d'abord froide puis chaude avec l'harmattan comme vent dominant.

 

ü      Pluviométrie

 

La province est traversée par des isohyètes de 700 mm au centre et 800 mm au sud. On retient de nos jours trois caractéristiques essentielles de la pluviométrie au Sanguié :

 

-           une durée irrégulière de la saison pluvieuse.

 

-           Une grande variabilité dans les précipitations- En effet les hauteurs de pluie varient beaucoup d'une année à l'autre dans la fourchette de 500 à 1000 mm par an.

 

-           une mauvaise répartition des précipitations dans le temps et dans l'espace qui est beaucoup préjudiciable à l'agriculture. Toutefois, on constate que la partie Sud et
Ouest reste, sauf quelques rares saisons catastrophiques des zones assez abondamment arrosées (comme l'indique le tableau ci-dessous).

 

Tableau 1 : Relevé pluviométrique de 1998 à 2002

 

 

Postes

1997/1998

1998/1999

1999/2000

2000/2001

2001/2002

H

J

H

J

H

J

     H

J

H           J

Didyr

661,9

44

742,3

51

903,9

55

513,4

43

530,9      46

Kordié

610,5

46

867

55

898,5

51

721,1

44

509,2      46

Pouni

864,5

62

1011

68

1100,5

72

814,5

49

1041,5     55

Réo

644,9

45

692,3

50

955,4

64

674,3

46

651,1       53

Ténado

700

55

783,5

41

1010,2

64

688,6

43

756,0      54

Source : DRAHRH_CO/Koudougou

 

ü      Les températures

 

Les températures minimales et maximales au Sanguié vont de 12 à 38° Elles varient selon les périodes de l'année. Ainsi d'octobre à décembre correspond la période froide et sèche. A partir de fin décembre l'harmattan commence à souffler et se poursuit jusqu'en février. La chaleur prend la relève au mois de mars accompagnée de rafales de vents chauds et secs jusqu'à l'arrivée des premières pluies.

 

1.1.2. Relief et sols

                       

ü      Le relief

 

Le Sanguié possède un relief peu accidenté avec une altitude moyenne de 300 mètres (A.A Basile 1990). Cependant on rencontre ça et là des petites élévations ;

(des collines, des chaînes de collines) dont le mont Sanguié qui est le point le plus Culminant avec une altitude de 400m. Ce dernier a donné le nom à la province. On constate également que le relief est composé de quelques plaines et bas - fonds.

  

ü      Les sols       

 

Le sous-sol du Sanguié se compose dans sa majorité par la présence de formations précambriennes ( Birrimien). Le reste est constitué de granité actuellement recouvert de produits d'altérations notamment de cuirasse et de sable. D'une façon générale, les sols hétérogènes sont prédominants.

 

Les types de sols rencontrés sont :

 

- Des sols ferrugineux tropiques et ferralitiques épais meubles généralement bons pour la culture de mil, de l'arachide et du coton.

 

- Les sols ferrugineux tropicaux se caractérisent par une richesse en oxyde et hydroxydes de fer qui leur donnent une couleur rouge ou ocre.

 

- Les sols ferrailleurs sont des sols rouges très profonds et homogènes de faible valeur chimique.

 

- Des sols d'érosion et les cuirasses qui sont des sols peu évolués, de faible
rendement sans apport d'engrais.

 

- Quelques îlots de sols hydromorphes de richesse chimique variée, saturés d'eau de façon permanente ou saisonnière, viables pour la riziculture lorsqu'il existe les possibilités de drainage.

 

ü      La végétation

 


Le couvert végétal est constitué d'une savane arborée au Sud, qui devient de plus en plus arbustive vers le Nord. Les principales espèces existantes sont : le karité            I
(butyrospermum parkii), le néré (parkia biqlobosa), l'acacia albida, le baobab, le tamarinier (tamarindus indus) et le raisinier (lanéa microcarpa).   

 

L'action de l'homme par la coupe abusive du bois et les feux de brousse (culture itinérante sur brûlis) a transformé le Nord en un vaste tapis de steppe.  

 

Le tapis graminéen y est dominé par les andropogonées (Andropoaon qavanus. cymbopoqon ) et les cypéracées.  


 


On note en outre une forêt galerie le long du Mouhoun. Le Sanguié compte également quelques forêts classées : il s'agit des forêts classées de :

 

- Tiogo qui s'étend sur 30 000 ha,

 

- Kalyo avec29 611 ha,

 

- Laba qui couvre 17 800 ha

 

- Baporo avec 85 657 ha.

 

Pour toutes ces forêts classées, des plans d'aménagement sont en train d'être élaborés par la Direction Régionale de l'Environnement et du Cadre de Vie du Centre Ouest.

On constate une période végétative active de juin à septembre. C'est au début de cette période végétative que les espèces ligneuses   décidues reprennent leur foliation. On rencontre surtout dans les forêts classées, des formations qui constituent les reliques des forêts denses sèches climatiques d'autre fois (Guinko 1984).

 

1.1.3. Hydrographie

 

Le Sanguié est intégralement situé dans le bassin versant du fleuve Mouhoun dont le cours d'eau principale traverse le département de Dassa et longe ceux de Ténado, Pouni etZawara constituant ainsi des limites naturelles avec la province du Mouhoun. Des multiples cours d'eau intermittents qui parcourent la province sont tous des affluents du fleuve Mouhoun. Les principaux sont du Sud au Nord, le Bobo qui arrose le département de Zawara, le marigot de Koudougou qui arrose les départements de Pouni et Ténado et le vranso alimentant les départements de Ténado, Kyon, Réo et Kordié. Il y a aussi des rivières et marigots saisonniers ainsi que des barrages et retenues d'eau de moindre importance.   Concernant les eaux souterraines, notons que le Sanguié présente de bonnes potentialités. En effet les réserves en eau souterraines sont appréciables, en témoigne la faible profondeur des niveaux d'eau (10 m en moyenne). Les ressources totales ont été estimées 465 mm, d'après l'étude du bilan d'eau réalisée parle Ministère de l'eau. La rechange des nappes est également bonne. Elle est estimée à 38 mm par an.

 

1.2.   Situation géographique et administrative

 

1.2.1. Situation géographique

 

La province du Sanguié forme avec les provinces du Boulkiemdé, de la Sissili et du Ziro la région du Centre - Ouest, une des treize (13) régions de planification du Burkina Faso. Elle est limitée :

 

- au nord par la province du Passoré

- au sud par la province des Balé et du Mouhoun

- à l'est par la province du Boulkiemdé et de la Sissili

- à l'ouest par la province du Nayala



1.2.2.  Acte de création de la province

 

La province du Sanguié a été crée par ordonnance n° 84 -055 / CNR / PRES / IS du 4 Août 1984. Elle regroupait les anciennes circonscriptions de l'ancien cercle de Ténado. Cet ancien cercle érigé le 20 avril 1958 comprenait en effet les subdivisions de Ténado, Réo et Didyr. Par la suite le cercle de Ténado a été scindé en deux sous- préfectures : Réo et  Ténado.

 

La sous-préfecture de Réo était composée des arrondissements de Réo et de Didyr, tandis que celle de Ténado comprenait les arrondissements de Ténado et de Pouni. Notons que ces deux sous - préfectures formaient avec celles de Koudougou, Léo, Yako, l'ancien département du Centre - Ouest.

 

Lors du découpage du pays en 250 départements et 25 provinces les anciennes sous -préfectures de Réo et Ténado ont été fractionnées et érigées en sept ( 7 ) départements faisant partie de la province du Burkina. Avec la scission de la province du Burkina en provinces du Boulkiemdé et Sanguié lors du découpage du pays en 30 provinces, la province du Sanguié comptait sept (7) départements : Dassa, Didyr, Kordié,   Pouni, Réo , Ténado , Zawara. Elle compte aujourd'hui dix (10) départements et deux (2) communes. Elle couvre une superficie de 5165 kilomètres carrés. Les départements qui composent la Province sont : (Dassa, Didyr, Godyr, Kordié, Kyon, Pouni, Réo, Ténado, Zamo et Zawara). Les deux communes sont Réo et Ténado.

 

1.2.3.  Nombres   de   départements,   villages,   communes   et secteurs.

 

La Province du Sanguié compte actuellement dix (10) départements cent vingt neuf (129) villages, une commune urbaine de plein exercice ( Réo ) et une commune rurale de moyen exercice ( Ténado ). La commune de Réo compte neuf (09) secteurs et celle de Ténado six (06) secteurs.

 

Tableau 2 : Découpage administratif

 

Département

Superficie (km2)

Nombre de village en 2002

Dassa

246

07

Didyr

642

16

Kordié

467

16

Pouni

678

20

Réo

448

12

Ténado

682

14

Godyr

258

15

Kyon

196

06

Zamo

654

08

Zawara

682

15

Total Province

5165

129

Source : DRED_CO /Koudougou




II - APPERCU HISTORIQUE ET ORGANISATION SOCIALE

 

2.1.   Aperçu historique

 

La Province du Sanguié tire son nom du « mont Sanguié » situé à cinq kilomètres de Réo. Les premiers habitants du Sanguié ont émigré vers cette terre aux environs de 1800. Les grandes familles qui s'y installèrent sont les suivantes :

 

- les BASSOLE : les membres de cette famille sont venus du Yatenga en transitant par les villages de Miollo (Nayala), Markio(Dassa), Yamadio (Didyr) et sandié (Réo). Ils étaient conduits par trois frères des noms de Nébila, Nébilma et Nébilboé. Nébila et sa suite s'installèrent à Sandié près du mont Sandié, Nébilma quant à lui s'installa à Réo dont le nom traditionnel est Djo ou Guyo qui signifie sable (gyar), terre sablonneuse. Le troisième groupe des BASSOLE s'installa à Kylsio.

 

- les BAMOUNI : ils sont venus de Salbisgo

- les BASSILA : ils sont venus de Sil en pays San

- les BATIONO : ils sont venus de Han ( Yatenga )

 

Ces quatre (4) familles sont les responsables coutumiers de Réo

 

- les BAZONGO sont venus de Gourcy et s'installèrent à Godyr.

 

- les autres familles qui se sont installées après les quatre (04) familles sont : Les
BAZIE,  BADO, BAYALA, BAKO, BAYILI, BAGUIEL, BAKY, BAKALA, BAGORO.
BAYEN, BABINE, BATIEBO, BAWA, BAMA, BASSINGA, BAZYOMO .

 

Le nom de Réo vient de la langue moré « Rewdo » et qui signifie phacochère, car Réo regorgeait de nombreux phacochères.

 

Les chefs qui ont siégé sur le trône de Réo sont successivement :

Tagaba

Bekié

Begnini

Bezilou

Bedoua

Tous ces rois sont de la famille BASSOLE.

Bapouri Yaro

BATIONO Marcel Dioupou, celui-ci a résidé à Kyon.

 

La société est organisée en grande famille ou Kwala. Chaque membre porte le nom du Kwala auquel est joint le préfixe Ba ou Kan qui indique le sexe de la personne.
BASSOLE, KANSOLE etc 

 

Chaque Kwala est subdivisée en sous-groupes composés de familles qui sont sous la protection du Dâyi. Le Dâyi et le nabalyi sont les fétiches qui représentent le fondateur de la famille et qui est donc un lien entre la famille et le père ou le grand-père décédé.


 

A Réo la famille est patriarcale. La vie de la société est organisée par les interdits et les obligations de faire. Par exemple :

 

- l'Interdiction de manger la viande d'un animal qui est sacré ou qui est cause
d'un événement important dans le Kwala

 

- les Interdits sexuels

 

- le respect des lieux sacrés

 

- le respect des parents

 

-  Offrir des sacrifices aux ancêtres

 

Interdiction de se bagarrer dans un champ ou à propos des céréales etc       

 

Le sud du Sanguié est peuplé par des nuni venus de lélépoun à Réo. Ils occupent Pouni et Zamo. Leurs premiers chefs sont : NAZILA, LOUMOUN, GUEPOYAN. Ils ont la même organisation sociale et la même culture que les lélé.

 

2.2.   Organisation   Sociale

 

II existe plusieurs types d'organisations sociales, étant donné l'existence de plusieurs ethnies ayant chacune ses caractéristiques propres. L'organisation sociale la plus prédominante au Sanguié est celle des lyéla. Notre analyse portera sur cette dernière.

 

2.2.1. Pouvoir politique

 

ü      Pouvoir politique traditionnel

 

Traditionnellement, la société lyéla est une société sans pouvoir central. Sur le plan politique c'est le village qui constitue le cadre territorial supérieur. Chaque village est une entité autonome ayant des institutions gérées par des personnes morales que sont les chefs de terre, les chefs de village, les chefs de quartiers, les chefs de lignage et les chefs de famille.

 

    Le chef de terre : autorité suprême

 

Le chef de terre est une autorité morale, régulateur de l'ordre social, intermédiaire privilégié entre les divinités et les vivants. La terre est le véritable gouverneur divin du village et le chef de terre son représentant suprême auprès des hommes. Il est celui à qui incombe en premier lieu l'application et l'observance des lois de la terre en vue d'assurer le bien être général. Il n'invoque nullement une notion de seigneurie. Il n'est ni possesseur ni maître de la terre au sens occidental en un mot. Il n'est pas celui qui possède et qui distribue les terres, car il n'a aucun droit de regard sur les zones d'exploitations des clans ou de lignages. Il se contente seulement d'exécuter les rites, sacrifices officiels requis pour l'installation d'un étranger accueilli par le clan ou le lignage ou pour le défrichement de nouvelles terres, afin d'attirer aux bénéficiaires les faveurs de la terre. Il a deux rôles essentiels :

 


1er rôle : II doit veiller à la sécurité des personnes et de leurs biens. En effet il constate les délits et en punit les auteurs quelque soit leur ethnie. Les chefs de quartier sont ses collaborateurs. C'est lui qui prononce les verdicts. Il sanctionne d'amendes les délits suivants :

 

- le vol de bétail ou de volaille perpétré par un habitant du village au détriment d'un autre

 

- le vol de ruches d'abeilles

 

- le rapt de femmes du village par un autre habitant du village

 

- les disputes suivies de blessures crâniennes assez profondes

 

- les meurtres commis sur la terre

 

- Sur instruction des chefs de quartier le chef de terre impose une amende à toute personne reconnue coupable d'avoir profané un lieu sacré. L'amende est fixée en fonction de l'impact du délit sur la vie de la population. En général elle se compose de bétail (gros ou petit) et de poulets donnés au chef de terre pour demander pardon à la terre et obtenir réparation de la faute. Elle est imposée à l'individu et non à sa famille. Celle-ci peut seulement l'aider à la payer. C'est une obligation pour lui de la verser, autrement en cas de décès au sein de sa famille, le chef de terre lance l'ultime sanction qui est l'interdiction de sépulture.

 

2ème  rôle : Autorité de police judiciaire et criminelle, le chef de terre est également le prêtre par excellence. Il officie le culte à la terre (« ce »), le culte à la montagne (« pyo » ), et le culte au marigot ( « bui » ). Il invoque toutes ces divinités pour obtenir d'elles les grâces indispensables à la vie des habitants : pluie, bonne saison, santé, harmonie, fécondité, etc. Outre ces sacrifices périodiques, le chef de terre, sur prédication et prescription des sorciers, adresse des supplications à l'un ou l'autre des dieux protecteurs pour qu'il éloigne du village le danger qui le menace (calamité naturelle, épidémie, endémie, attaque, vol, pillage...).

 

Outre ces deux rôles le chef de terre s'occupe de l'accueil et de l'installation de tout étranger dans le village. Il jouit de certaines prérogatives. Ainsi tout animal reconnu n'être la propriété de personne lui est remise.

 

   Investiture

 

L'investiture du chef de terre est une cérémonie festive de six à sept jours dont l'importance et la solennité étaient impressionnantes. Cette investiture était précédée par un temps de fiançailles entre le candidat élu et cette fiancée sacrée que représente l'autorité, symbolisée par la lance de terre le gourdin ou tout autre objet. Le futur chef devait pour cela entreprendre les mêmes démarches rituelles et se plier aux mêmes règles que comporte l'établissement de liens matrimoniaux entre communauté en pays Nord nuna; offrande de tabac puis de bois de chauffage en premier lieu et ensuite cadeau divers.



   Succession

 

La succession à la chefferie de terre se passe toujours au niveau d'un seul clan celui des « she » et « ce » c'est à dire les maîtres de la terre. Lorsque ces lignages se trouvent en voie de disparition ils sont renouvelés par intégration directe d'éléments étrangers extérieurs au village. Ce sont le plus souvent les neveux qui, par mariage d'une veuve de lignage deviennent automatiquement des membres à part entière. Pour le choix du successeur du chef de terre trois procédures étaient possibles :

 

1) Le principe de séniorité : c'est la procédure la plus répandue qui consiste à épuiser la génération des frères en descendant du plus âgé au moins, avant de
passer à la génération des fils du lignage. Cette procédure avait pour avantage de favoriser des règnes relativement longs dans la mesure où elle ouvrait l'accès à des
hommes plus ou moins jeunes, considérés comme des pères dans la hiérarchie sociologique.

 

2) Le deuxième principe : c'est l'âge de la sagesse qui est considéré. C'est Je plus ancien du clan. La hiérarchie n'est pas considérée. Dans cette procédure les
règnes sont courts puisque le chef est installé à un âge déjà avancé.

 

3) Le choix des dieux : Dans cette procédure le chef de terre est choisi par les dieux. Il y a au préalable une consultation des dieux qui dure au moins trois ans
correspondant le temps de Tinter- règne. Après cette consultation les dieux choisissent eux-mêmes le chef. Si après ces trois ans les dieux ne se manifestent pas, on prolonge le délai de un ou plusieurs années. Le choix peut tomber sur un petit enfant ou sur un enfant qui n'est pas encore né. Il faut alors dans ce cas attendre que l'enfant grandisse avant l'investiture. Cette procédure est la plus réaliste puisque ce sont les dieux eux-mêmes qui choisissent leur représentant.

 

                         Le chef du village : autorité administrative.

 

Le chef du village est chargé de la gestion administrative du village. Dans certains villages, ce rôle est dévolu à un membre de la lignée du chef de terre ; dans d'autres villages, il est confié à une autre lignée selon des règles bien précises.

 

A l'intérieur du village il organise la vie de l'ensemble de la population. Il convoque les chefs de quartier pour harmoniser les points de vue par rapport à tel ou tel événement. Ils déterminent ensemble les actions à mener et les conditions de leur exécution.

 

Sur le plan extra- village, il est d'une part le répondant direct du préfet et d'autre part le représentant officiel dans les instances administratives supérieures.


 

          Le chef de quartier

 

Les chefs de quartier sont les collaborateurs directs du chef de terre et du chef du village. Le quartier peut regrouper plusieurs lignages. Le doyen du lignage le plus ancien du quartier est le chef de quartier. Le chef de quartier mobilise ses sujets autour des objectifs de développement. Il renseigne le chef de terre sur les événements survenus dans son quartier (circonstances, auteurs, victimes etc.... ). Il est en retour le porte- parole des habitants de son quartier auprès du chef de village. Ils sont tous présents lors du culte à la terre (« cè »).

 

          Le chef de lignage

 

II convoque et dirige le conseil du lignage (ensemble des chefs de familles se reconnaissant du même ascendant). Il assume une responsabilité religieuse au sein de la lignée. Il officie le culte au dieu protecteur de la lignée. Il est une personne ressource qui prodigue des conseils et gère le patrimoine foncier du lignage. Le poste de chef de lignée est dévolu au doyen de la lignée.

 

          Le chef de famille

 

II organise et gère la production agricole, veille sur le bétail familial. Il est le plus indiqué pour invoquer le dieu protecteur de la famille et tuer des poulets aux autres fétiches et objets sacrés de la famille : masques, forge, queue, etc.. Le chef de famille est l'homme le plus âgé de cette unité sociale.

 

ü     Pouvoir politique moderne

 

A l'instar des autres provinces sur le plan du pouvoir politique moderne le Sanguié est structuré de la manière suivante :

Le Haut Commissaire

Les députés

Le maire

Les préfets

Les conseillers municipaux

Les responsables administratifs

 

    Le Haut Commissaire

 

Le pouvoir politique moderne est représenté par l'administration centrale, par le Haut Commissaire qui est chargé de la coordination et de l'exécution des missions gouvernementales au niveau de la province. C'est l'autorité suprême et il est nommé en conseil des ministres.



 

          Les députés

 

Les Députés représentent les partis politiques au niveau de la région du Centre-Ouest. Chacun essaie de faire valoir son parti. Ils coordonnent leurs activités dans le sens du développement de la région. Ils appuient les autorités pour l'initiation des projets qui rentrent dans le cadre du développement de la région. Ils recueillent les doléances de la population pour d'éventuelles solutions. Ils sont votés par la population de toute la région. Plusieurs partis politiques y sont représentés tels que :

 

- Le congrès pour la Démographie et le Progrès (CDP)

- Le Parti pour la Démocratie et le Progrès / Parti socialiste (PDP /PS)

- Le Parti Africain pour l'Indépendance (PAI)

- L'Alliance pour la Démocratie et la Fédération / Rassemblement
  Démocratique Africain (ADF- RDA)

- L'Union des Verts du Burkina

- Le Bloc Socialiste Burkinabé (BSB)

- Le Parti pour la Renaissance Nationale (PAREN)

- L'Union des Libéraux du Burkina (ULB)

 

II y a neuf (9) députés pour la région du Centre Ouest reparti comme suit : CDP 4 ; ADF/RDA 3 ; PAREN 1 ; PDP/PS 1.

 

          Le maire

 

II est le garant de la commune. Il est élu parmi les conseillers qui eux -mêmes sont élus par la population de la commune. Généralement c'est le candidat du parti qui a eu plus de voix qui remporte.

 

Toutes les activités du maire visent à développer la commune. Il applique le programme du parti d'où il émane. Dans le cas de Réo, le Maire était issu du parti pour la Renaissance Nationale (PAREN). Mais depuis 2002 c'est une délégation spéciale qui gère la mairie avec à sa tête le Préfet du département de Réo.

 

          Le préfet

 

Le préfet exécute les mêmes tâches que le haut commissaire au niveau départemental. Il rend compte au Haut commissaire (qui est son supérieur hiérarchique direct) de tout ce qui se passe dans son département. Il représente le haut commissaire dans certaines tâches au niveau départemental. C'est le premier responsable administratif dans le département. Il est aussi nommé en conseil des ministres sur proposition du ministre chargé de l'administration du territoire. Il y a dix préfets dans la province dont un est en même temps Président de délégation spéciale. C'est celui de Ténado qui assure cette double fonction, Ténado étant une commune de moyen exercice. Il a été dit que dans toutes les communes de moyen exercice au Burkina Faso c'est le préfet du département qui est le président de la délégation spéciale.


 


          Les conseillers

 

Les conseillers municipaux sont votés par la population de la commune. Ils sont chargés de veiller au bon fonctionnement de la commune. Ils appuient le maire dans ses tâches de développement économique et social de la commune. Dans la répartition de leurs tâches cinq commissions spécialisées ont été instituées et à la tête de chaque commission un président est voté. Chaque conseiller municipal est tenu de se faire inscrire dans une des commissions. Ces cinq commissions sont les suivantes :

 

- la commission économie et finances

- la commission coopération décentralisation

- commission développement institutionnel

- commission environnement

- la commission sport, jeunesse et culture.

 

          Les responsables administratifs

 

Le responsable administratif représente l'autorité départementale au niveau du village. C'est le répondant direct du préfet. Il est chargé de l'exécution des mots d'ordre. Pour ce faire, il doit mobiliser la population, lui confier les tâches définies et tracer les voies à suivre. En retour il recense les doléances de celle-ci et rend compte au préfet.

 

Comme nous pouvons le remarquer les devoirs du responsable administratif sont similaires à ceux du chef traditionnel du village. Dans beaucoup de villages le responsable administratif est soit le chef de village ou une personne acquise à la cause du pouvoir traditionnel.

 

Au niveau communal les responsables administratifs travaillent de concert avec les conseillers municipaux dans les secteurs. Ils servent entre la population et les conseillers

L'observation de la gestion actuelle du pouvoir laisse croire qu'il est plus traditionnel que moderne ; l'impact de l'autorité traditionnelle est plus important que celui de l'autorité moderne. Seuls certains chefs du village ont été évincés de leur poste. Dans les quartiers, les responsables agissent dans la légalité coutumière parce qu'issus des lignages des chefs traditionnels de quartier ou de ceux qu'ils avaient choisis. Qu'en est-il des groupes socioprofessionnels ?

Il existe dans la société Lélé, trois (3) groupes socio- professionnels : les gens de la terre, les forgerons, les griots. Ces groupes ne sont pas des castres en ce sens qu'ils opèrent entre eux des échanges matrimoniaux. En outre, il n'existe aucun interdit quant à la pratique des activités économiques d'un groupe par un autre.


 


 

2.2.2.  Systèmes de parenté       

 

La parenté est le rapport entre personnes descendantes les unes des autres. Elle se définit au moyen de notions de lignage (directe ou collatérale) et de degré. À cela  

s'ajoute la parenté par alliance. La parenté est plus sociale que biologique. Dans la province, la filiation et la résidence se caractérisent par la patrilinéaire et la patrilocaux

(virilocalité). La règle qui régit la circulation des femmes est l'exogamie lignagère. Au          sein du village, les unions conjugales entre gens de lignages différents sont possibles et même souhaitées. Le circuit des relations matrimoniales peut s'étendre au - delà des limites du village. Le célibat masculin ou féminin et le divorce sont bannis. Cependant les femmes sont souvent l'objet de rapt organisé.   

 

La polygamie et la monogamie sont les deux régimes matrimoniaux avec dominance           polygamique. Le mariage coutumier est prédominant par rapport au mariage moderne.

Le lévirat et le sororat sont couramment pratiqués. Cependant les veuves très avancées en âge ne sont pas astreintes au remariage ; elles restent tout de même dans la famille du mari défunt. De même, le vieil homme peut renoncer à la petite sœur ou à la cousine de sa femme au profit d'un de ses fils.          

 

2.2.3.  Le mariage et ses différentes formes.

 

Le mariage est conçu comme l'acte d'intégration de la femme au groupe social. La jeune fille, femme célibataire, est considérée comme locataire de la maison paternelle,

comme étrangère au groupe parental du fait qu'elle est appelée à le quitter d'un jour à l'autre.

 

ü      Le mariage coutumier      

 

On distingue essentiellement trois formes d'alliance (mariage).

 

Forme I : Alliance dans laquelle la main de la jeune fille est accordée à un homme par sa tante

 

Dans cette forme de mariage, la jeune fille est élevée par sa tante jusqu'à maturité.  Cette dernière choisira quelqu'un parmi les hommes à qui elle demandera de prendre

sa nièce en mariage. Il peut être admis que la jeune fille fasse le choix de l'homme avec qui elle souhaite vivre, mais ce dernier doit être en bons termes avec la tante. Souvent,cet homme est le mari de la tante ou un homme appartenant à la grande famille et de caractère vigoureux, apte au travail afin de pouvoir nourrir la fille.    

 

Si un accord est conclu à ce niveau, alors interviennent des prestations diverses allant du tabou du champ à la construction de maisons au profit des beaux-parents ou de la

tante. Une alliance s'instaure entre les familles des partenaires et la tante en est le principal pilier car c'est à elle qu'on fera recours en premier lieu s'il advenait des

problèmes conjugaux dans le foyer ainsi formé.

 

La femme n'a pas accès aux sacrifices, et à la magie. L'homme considéré comme l'être supérieur tient toujours le couteau pour les sacrifices. La femme ne peut officier un sacrifice ni même l'offrir à elle-même. Ses parents ne lui laissent pas la possibilité de faire des sacrifices aux dieux familiaux et lignagers de peur qu'elle ne divulgue le secret à ses beaux-parents. Ses beaux- parents également, sur le fait qu'elle soit étrangère lui refusent l'accès à leurs divinités. Elle n'inspire pas confiance.

 

Par ailleurs lors de certaines cérémonies (religieuses, funéraires ou de mariage), la femme joue un rôle très important. Elle prépare le dolo s'occupe de la cuisson des bêtes immolées. Dans le domaine du mariage la femme est au centre des affaires ; toute la phase de négociation lui revient et même toutes les démarches jusqu'au mariage. Elle bénéficie des cadeaux et de toutes les faveurs des beaux - parents.

 

Cependant la femme lélé jouit d'une certaine liberté plus que la femme Mossi. Elle est libre dans ses déplacements et peut exercer les activités de son gré. Elle a accès facilement à la terre et elle est propriétaire des produits de son champ.

 

ü      Dans la société moderne

 

De nos jours, le statut de la femme a connu une nette amélioration. De plus en plus on assiste à une prise de conscience au niveau des femmes. Avec les nouvelles organisations socio- politiques, une lutte est engagée pour rehausser son statut. En effet elle est admise dans le cercle de discussion. Elle a retrouvé sa maturité d'esprit dans les regroupements féminins. Elle organise et participe à des travaux d'envergure villageois (reboisement, labour de champs collectifs etc..) parle canal du groupement villageois, des associations, montrant ainsi sa capacité de diriger un groupe.




III - ETAT ET DYNAMIQUE DE LA POPULATION

 

 

Forme II :   Alliance dans laquelle la jeune fille est courtisée

                   et dont la main est accordée par les parents.

 

Dans cette forme de mariage, c'est l'homme qui va en quête d'une femme qu'il rencontre par le hasard de ses promenades, et courtise. L'acceptation de la déclaration d'amour se traduit par des fréquentes visites rendues par le garçon à la fille chez ses parents.

 

La responsabilité des lignages entre en jeu lorsque la jeune fille va séjourner chez son amant et en revient avec un plat de victuailles composées de tô, de viande de porc ou de pintades.

 

C'est un début d'alliance définitive qui est une cérémonie officielle qui met en présence les deux lignages. Les patriarches des deux groupes entrent en négociation et parviennent à un accord.

 

Une telle femme jouit d'un grand prestige dans la communauté de son époux à laquelle elle est désormais intégrée. Elle semble être l'égale de l'homme en raison du pacte négocié et ce en dépit de ses devoirs conjugaux. En effet, l'alliance qui en résulte n'est plus une question individuelle, mais met en rapport deux familles dont chacune a le souci de sauvegarder de bons termes avec l'autre.

 

Dans ces deux précédentes formes d'alliance, le principe de la dette est observé et s'exerce dans un seul sens ; de la famille de l'homme vers celle de la femme témoignant encore une fois de plus du caractère bien précieux de la femme.

 

Forme III : Alliance dans laquelle la femme est volée

 

Elle se caractérise par l'absence de cérémonie rituelle officielle de reconnaissance de l'union des deux partenaires. L'homme prend par rapt une jeune fille à ses parents ou une femme à son époux et en fait sa conjointe.

 

Conçu comme désacralisation des bonnes mœurs, ce type d'alliance n'engage nullement la responsabilité des deux lignages ou tout au plus celle de l'homme, de sa partenaire et de quelques proches parents. Les rites solennels perçus dans la deuxième forme sont escamotés.

 

Une telle femme ne peut avoir autant d'assises qu'une autre issue de l'un des deux premiers types de mariage. Dans les cas extrêmes, aucune prestation de service ou de don à titre de compensation n'est engagée par l'homme. Une fois de plus la communauté y voit « une femme gratuite, un cadeau ».



 


De toutes ces trois formes, avec ou sans compensation, le statut de la femme comme bien précieux à acquérir demeure, en témoigne l'extrême polygamie qui prévaut dans les terroirs.

 

Que ce soit comme facteur de production ou, que ce soit comme procréateur, la femme joue un rôle capital dans la vie de l'homme. La virilocalité est la forme courante de résidence.

 

ü      Le mariage moderne

 

Le mariage moderne se déroule à peu près de la même manière que la deuxième forme du mariage coutumier à savoir le jeune homme trouve la jeune fille qui lui plaît et demande sa main à ses parents. Après s'être acquitté de la dote (boule de tabac, argent etc..) le jeune homme organise son mariage à la mairie ou à l'église devant des témoins. Que ça soit le mariage coutumier ou le mariage moderne, la boule de tabac est obligatoire.

 

2.2.4. La place de la femme dans la société

 

ü      Dans la société traditionnelle

 

Dans la société traditionnelle, la femme n'a pas de pouvoir. Elle ne peut décider ni intervenir pour donner un point de vue. Elle est considérée comme un être inférieur fait pour subir la loi de l'homme. Elle est tantôt acceptée comme un excellent moyen de communication sociale entre les lignages, ciment des alliances interlignages ; tantôt comme productrice de biens et de services en témoigne la formule de demande en mariage : « nous avons trouvé au sein de votre famille une personne pour nous puiser de l'eau » ; tantôt comme procréatrice ou tout simplement comme un bien que des règles sociales maintiennent lié à son propriétaire : le divorce est banni, le rapt de femme est puni par le chef de terre. Ainsi la femme est marginalisée dans la société traditionnelle. Quatre raisons sont à la base de cette marginalisation :

 

Dans sa propre famille, la femme est toujours considérée comme un être partant, appelée à quitter un jour pour rejoindre son mari. Elle n'a pas de part dans le partage de l'héritage familial. Dans sa belle - famille, elle est considérée comme étrangère et aucune responsabilité ne peut lui être confiée. La femme est d'office dépourvue de toute responsabilité.

 

La femme a le devoir de se soumettre à l'homme. Elle ne peut pas se réunir avec les hommes pour discuter et prendre des décisions concernant la vie du village. Elle est perçue comme un être manquant de maturité d'esprit, de raisonnement et de caractère pour s'imposer à un groupe.

 

3.1. Caractéristique et état de la population

 

3.1.1.  Effectif de la population

 

La population de la Province du Sanguié a évolué depuis 1985 jusqu'à nos jours. En effet, au recensement général de la population de 1985 elle comptait 217 277 habitants avec un taux d'accroissement de 1.14 % l'an, au RGPH de 1996 elle avait 249 583 avec un taux d'accroissement de 1, 26 %. Cette population est estimée en 2002 à 269 056 habitants.

Cette croissance rapide de la population est certainement liée a une forte natalité et a l'immigration de la population. Car beaucoup de personnes viennent d'ailleurs à la recherche de bonne terre cultivable encore disponible dans la partie Sud et Ouest de la Province.

3.1.2.  Répartition de la population par âge et par sexe en 1985 et en 1996


 Tableau
3 : population résidente par groupe d'âges et par sexe en 1985 et 1996

 

1985

1996

Tranche d'âge

Masculin

Féminin

Totale

Tranche d'âge

Masculin

Féminin

Total

0-4

18026

20486

38512

0-4

21 353

20 957

42 310

5-9

18546

21078

39624

5-9

22420

21305

43725

10-14

15456

17566

33022

10-14

19142

17211

36353

15-19

9995

11360

21355

15-19

13852

13276

27128

20-24

6062

6889

12951

20-24

6753

9491

16244

25-29

5110

5808

10918

25-29

5431

8665

14 096

30-34

3806

4325

8131

30-34

4567

7581

12148

35-39

4009

4557

8566

35-39

3516

6412

9928

40-44

3434

3904

7338

40-44

3032

5343

8375

45-49

3228

3668

6896

45^9

2900

4833

7733

50-54

2689

3056

5745

50-54

2800

4556

7356

55-59

2800

3182

5982

55-59

2258

3307

5565

60-64

2375

2700

5075

60-64

2305

3200

5505

65-69

1761

2001

3762

65-69

1782

2031

3813

70-74

1125

1279

2404

70-74

1479

2150

3629

75-79

498

565

1063

75-79

904

1298

2202

80et +

796

905

1701

80et +

1024

1633

2657

ND

1981

2251

4232

ND

394

422

816

Total

101697

115580

217277

Total

115912

133671

249583

Source : INSD/Ouagadougou. Recensement de la population 1985 et 1996




Le tableau fait ressortir une population à majorité très jeune. En effet, les enfants de moins de 15 ans sont les plus nombreux (52,18 % en 1985 et 49,20 % en 1996) cela peut s'expliquer par une forte natalité et du non espacement des naissances. Elle commence à diminuer à partir de 20 ans jusqu'à 50 ans et se stabilise après 50 ans. Cette diminution au niveau de la jeunesse est due à l'émigration et aux nombreux décès des jeunes causés en partie par le SIDA.

 

3.1.3. - Répartition de la population par département

 

Tableau 4 : Répartition de la population par département et par sexe

 

Département

Hommes

Femmes

Total (H+F)

% des femmes

Rapport popu./du départ. Sur popu./province (%)

Dassa

5269

6080

11349

53,37 _

4.6

Didyr

15957

18335

34292

53,46

13,7

Godyr

7182

8534

15716

54,30

6,3

Kordié

7508

9108

16616

54,81

6,7

Kyon

7575

8690

16265

53,42

6.5

Pouni

14022

16520

30542

54,08

12,2          

Réo Commune

11006

11528

22534

51,15

9,03

Réo Département

14093

15984

30077

53,14

12,05

Ténado Commune

6733

7769

14502

53,57

5,81

Ténado Département

12523

15161

27684

57,76

11,09

Zamo

6257

7060

13317

53

5,3

Zawara

7787

8902

16689

53,34

6,7

Total Province

115912

133671

249583

53,56

100

Source . INSD/Ouagadougou. Recensement de la population de 1996

 

Selon le recensement de la population de 1996 on constate d'une manière générale que le nombre de femmes dépasse celui des hommes. En effet les femmes représentent 53,56 % de la population totale contre 46,64 % pour les hommes. Cela s'explique par l'émigration des jeunes vers l'extérieur à la recherche d'un mieux être, à une forte natalité des filles.

 

Le tableau montre aussi que la population du sanguié est inégalement répartie. Elle plus concentrée dans les départements de Réo (21 % de la population totale) et à Ténado (17 %) parce qu'ils abritent des communes. Ces deux départements englobent a eux seul 38 % de la population totale.

 

Alors que les départements de Dassa, Godyr, Kyon, Zamo et Zawara ne regroupent que 36 % des habitants de la province.

 


 

3.1.4. Répartition des villages suivant la taille de la population

 

Tableau 5 : Répartition des villages suivant la taille de la population en 1996

 

Taille (nombre d'habitants)

Nombre de villages

Population totale

% /population totale

Moins de 500

12

3612

1,45

500-1000

37

28447

11,40

1000-2000

37

54777

21,95

2000 - 3000

19

46526

18,64

3000 - 4000

06

20076

8,04

4000 - 5000

03

13791

5,53

5000-10000

05

28220

11,31

10000 et plus

04

54134

21,69

Total

123

249583

100,0

Source : DRED_CO/Koudougou

 

Comme l'indique le tableau N°7, la Province compte aussi bien de petits villages

pouvant être assimilés à des hameaux de culture que de gros villages.

Plus de la moitié des villages du Sanguié ont une population comprise entre 500 et

2000 habitants. Les villages les plus peuplés sont généralement les chefs lieu de

département.

 

3.1.5. Densité de la population selon les départements

 

Tableau 6 : Densité de population par département en 1996

 

Département

Superficie

Population résidente en 1996

Densité (hbts/km2)

Dassa

246

11349

47

Didyr

632

34292

55

Godyr

248

15716

64

Kordié

452

16616

37

Kyon

196

16265

83

Pouni

678

30542

45

Réo

438

52611

121

Ténado

894

42186

48

Zamo

654

13317

21

Zawara

672

16689

24

Total Province

5165

249583

49

Source : INSD/Ouagadougou. Recensement de la population de 1996

 

La densité moyenne de la population du Sanguié qui était de 42 habitants au km2

en 1985, est passée à 49 habitants au RGPH de 1996 et elle est estimée à 53 habitants

au km2 en 2003. Cette densité est forte par rapport à la moyenne nationale qui était

de 37,6 hbts/km2 en 1996.


 

On note cependant des disparités départementales comme l'indique le tableau N°6. Le département de Réo enregistre la plus forte densité (121 hbts/km2). Cela s'explique par la fuite des jeunes vers les grands centres et les villes à la recherche du travail et du bien être.

 

La majorité des départements de la province ont une densité supérieure à la moyenne nationale.

Zamo et Zawara qui sont les zones les plus reculées par rapport au chef lieu de la Province sont les moins peuplés

 

3.1.6. Répartition de la population suivant l'état matrimonial

 

Tableau 7 : Répartition de la population résidente selon la situation

 matrimoniale et le groupe d'âge en 1996

 

Groupe d'âge

Total

Célibat aire

Marié monog

Marié poly 2

Marié poly 3

Marié poly 4 et

+

Veuf

(ve)

Divorce séparé

Union libre

ND

12-14

21760

20519

78

58

33

32

8

1

1

1030

15-19

27128

21964

2233

1167

560

476

41

27

36

624

20-24

16244

6621

4754

2459

1060

871

133

75

59

212

25-29

14096

2536

5388

3136

1413

1113

260

64

57

129

30-34

12148

1027

4560

3071

1608

1244

416

83

38

101

35-39

9928

464

3371

2666

1422

1330

523

58

10

84

40-44

8375

300

2540

2182

1312

1256

658

49

Q

70

45-49

7733

205

2184

1910

1161

1286

851

60

11

65

50-54

7356

178

1814

1657

1176

L 1218

1187

40

4

82

55-59

5565

114

1401

1169

819

903

1054

34

4

67

60et +

17806

373

3633

2856

1978

2258

5950

73

16

669

Total

148139

54301

31956

22331

12542

11987

11081

564

244

3133

Source : INSD/Ouagadougou recensement général de la population 1996

 

On constate que plus de la moitié de la population résidente en 1996 est mariée soit 53 %. Parmi ces mariés 59 % sont des polygames. Cela est dû en partie au mariage forcé, au lévirat, au sororat qui sont beaucoup pratiqués dans la Province.

 

 

3.1.7. Répartition de la population suivant la religion

 

Dans la Province du Sanguié, plusieurs religions sont pratiquées. On rencontre entre autre, l'animisme, le catholicisme, le protestantisme et la religion musulmane.



 


 

Tableau 8 : Répartition de la population selon la religion et le sexe en 1996

 

Religion

Masculin

Féminin

Total

%

Animistes

42471

48631

91102

36,5

Musulmans

20990

22676

43666

17,5

Catholiques

41908

48708

90616

36,3

Protestants

6016

8313

14329

05,7

Autres

832

1123

1955

0,8

Sans religion

3538

4078

7616

03

ND

144

136

280

0,2

NR

13

06

19

0,0

Total

115912

133671

249583

100

Source : INSD/Ouagadougou recensement général de la population 1996

 

La croyance animiste reste la plus dominante dans la Province. Il faut noter que bien que certains soient catholiques, ils pratiquent toujours l'animisme et c'est le cas en milieu rural où l'appartenance à la religion se limite au nom du baptême.

 

Le catholicisme occupe la seconde place parce que cette religion s'est implantée très tôt dans la région avec l'arrivée des missionnaires catholiques avant les indépendances, dans l'ancienne subdivision de Ténado.

 

Les premiers missionnaires sont arrivés à Réo en 1909 mais ils furent chassés. Ils sont revenus en 1912 sur l'intervention du Roi Bagnini. Ce sont les missionnaires qui ont vulgarisé la plantation des arbres fruitiers, la culture maraîchère et l'élevage des porcs. La religion catholique a de nombreux adeptes, plusieurs prêtres et religieuses sont issus de la province.

 

La religion musulmane occupe la troisième place. Elle est pratiquée par les mossis venus du Nord et gagne quelques adeptes nounouma au sud de la province.

 

Le protestantisme dont la pénétration est récente obtient de plus en plus des adeptes. Il y a beaucoup d'églises protestantes.

 

3.1.8. Répartition de la population selon l'ethnie et la langue parlée

 

Tableau 9 : répartition de la population selon l'ethnie et la langue parlée en 1996

 

Ethnie

Nombre

% population totale (249583)

Bissa

55

0,02

Bobo

26

0,01

Bwamu /Bwaba

298

0,11

Dading /Marma

76

0,03

Dagara

64

0,02

Dioula /Bambara

396

0,15

Dogon /Kaado

17

0,006

Fulfuldé /Peuls

5652

2,26

Gouin

19

0,007

Gulmancema

27

0.01

Ksséma

42

0,01

Ko

30

0,012

Koussassé

30

0,012

Lyélé/Léla

174099

69,76

Lobiri /Lobi/Birifor

24

0,01

Minianka

16

0.006

M oo ré

31356

12,63

Nuni /Nounouma

30415

12,18

San /Samo/Samogho

369

0,15

Sénoufo

13

0,005

Autres langues nationales

627

0,25

Ashanti

02

0,0008

Haoussa

06

0,002

Autres langues africaines

06

0,006

Français

752

0,30

Anglais

06

0,002

TOTAL

244393

97,92

Source : INSD/Ouagadougou recensement général de la population 1996

 

La langue la plus parlée est le lyélé qui est la langue officielle de la Province. On constate que beaucoup de langues sont pariées au Sanguié. Cela démontre d'une forte immigration dans la Province à cause de ses richesses naturelles (terre fertile, forêts, sites miniers etc.). Notons que la répartition de la population suivant la langue pariée concerne la population capable de s'exprimer soit 97,92 % de l'effectif total.

 

 

3.1.9. Répartition des ménages par département

 

Tableau 10 : Taille moyenne et répartition des ménages par département en 1996

 

Départements

Nombre de ménages en 1996

Population en 1996

Taille moyenne des ménages

Dassa

1377

11349

8,24

Didyr

4179

34292

8,20

Godyr

1945

15716

8,08

Kordié

2293

16616

7,24

Kyon

2384

16265

6,82

Pouni

4079

30542

7,48

Réo commune

3464

22534

6,50

Réo département

4163

30077

7,22

Ténado commune

2008

14502

7,22

Ténado département

3812

27684

7,26

Zamo

1891

13317

7,07

Zawara

2231

16689

7,48

TOTAL

33826

249583

7,37

 

Source : INSD/Ouagadougou recensement général de la population 1996


 

Au Sanguié la taille moyenne par ménage est d'environ 7 personnes. Elle varie d'un département à l'autre. La moyenne la plus élevée (8,24) est observée dans le département de Dassa et la plus faible moyenne (6,50) dans la commune de Réo.

 

3.2.   Dynamique de la population

 

Le Sanguié est la province qui a le taux d'accroissement le plus faible de la région du centre Ouest soit 1.26 % contre 1.33 au Boulkiemdé, 2.70 au ziro et 2.57 à la Sissili. Néanmoins la population croit à une allure tel qu'elle risque de doubler en 40 ans.

 

Tableau 11 : Evolution de la population résidente de 1996 à 2020

 

Années

1996

2000

2005

2010

2015

2020

Population

249 583

262 402

279 355

298 125

316 848

337 319

Source : DREDJZO/Koudougou

 

La dynamique de la population est déterminée par la croissance naturelle (natalité et mortalité) et les mouvements des habitants (migrations)

 

3.2.1. Natalité et fécondité

 

ü      Taux brut de natalité

 

Le taux de natalité est de 45, 4 %o au Sanguié. Ce qui le place au premier groupe qui regroupe les provinces qui ont un taux de natalité inférieur à la moyenne du Burkina qui est de 46,1%o. D'une manière générale le taux de natalité est très élevé au Burkina. Comparé au taux de certains Pays, le Burkina fait parti des pays à fort taux de natalité. Il est troisième après le Niger 54%o et le Mali 47 %o.

 

ü      Fécondité

 

Tableau 12 : Indices de fécondité en 1985 et 1996

 

 

Nombre d'enfants par femme (ISF)

Taux de fécondité générale (TFG)

Taux de stérilité

Année

1985

1996

1985

1996

1985  |    1996

Burkina Faso

7,2

6,8

223

213

-      !    3.80

Sanguié

8

7,1

235,1

212,7

6      i     5,1

Source : ISND. Analyse des données du recensement de 1996

 

Au Sanguié l'indice de fécondité selon le recensement de 1996 est de 7,1 enfants par femme. Il est plus élevé que l'indice national qui est de 6,8 enfants par femme. Le Sanguié fait parti des provinces les plus fécondes du Burkina. Cependant le constat est que le nombre moyen d'enfants par femme ainsi que le taux de fécondité générale ont diminué de 1985 à 1996. Cela est dû à la sensibilisation sur le planning familial.

 

De même le taux de stérilité a aussi diminué. La raison de cette diminution peut être le résultat de la lutte contre l'excision engagée dans notre pays il y a maintenant dix (10) ans.

 

Tableau 13 : Taux de fécondité par groupe d'âge des femmes (15 à 49) en 1996

 

Groupe d'âge des femmes

Parité

Taux de fécondité (pour mille %0)

15-19

0,3

128,5

20-24

1,6

324,5

25-29

3,1

308,5

30-34

4,4

278,8

35-39

5,5

225,6

40-44

6,2

109,3

45-49

6,5

41,2

Source : ISND. Analyse des données du recensement de 1996

 

Le taux de fécondité est très élevé au niveau du groupe d'âge de 20 à 39 ans. Le taux du groupe de 15 à 19 ans est aussi élevé et cela est dû aux mariages précoces de plus en plus nombreux.

 

3.2.2. La mortalité

 

Le taux brut de mortalité au Sanguié est de 14,7%o. Ce taux place le Sanguié au groupe qui est celui des provinces à taux de mortalité moyens. Ces provinces ont en effet un taux brut de mortalité compris entre 14 et 15,7%o. Le quotient de mortalité infantile est de 106,7. Le Sanguié reste toujours dans le 2ème groupe. Sur le plan national la mortalité infantile est très élevée.

Cela se justifie par l'insuffisance des infrastructures sanitaire, de la malnutrition, et de la mauvaise fréquentation des formations sanitaire existantes. Selon l'analyse du recensement de 1996, d'une manière générale, l'espérance de vie des femmes dépasse celle des hommes. Sur le plan national l'espérance de vie des hommes est de 53,5 et les femmes 54,1 ans.

 

D'une façon générale, le Burkina fait parti des Pays à niveau élevé de mortalité. Le niveau est élevé chez les enfants de moins de cinq ans et chez les adultes à partir de 50 ans (cf. tableau).

 

Tableau 14 : Taux de mortalité par âge selon le milieu de résidence au Burkina Faso en 1996

 

Age

Burkina

Urbain

Rural

0

115,26

L   101,19

133,34

1

19,75

13,53

23,26

5

4,63

3,36

4,18

10

2,6

2,13

2,33

15

2,99

2,91

2,98

20

4,05

3,94

4.28

25

4,56

4,23

4,73

30

5,2

4,94

5,11

35

. 6,07

5,59

5,8

40

7,26

7,01

6,8

45

8,56

8,53

8,18

50

11,36

11,68

11,09

55

15,24

16,1

15,23

60

22,93

23,9

23,8

65

34,67

36,31

37,15

70

53,63

58,36

60,55

75

81,92

94,85

97,3

80

146,32

141,15

147,12

85

 

236,78

 

226,39

 

235,23

 

90

 

348,59

 

348,9

 

361,08

 

Source: ISND. Analyse des données du recensement de 1996


 

Le Taux de mortalité est plus élevé en milieu rural qu'en milieu urbain. Cela est du en partie au manque d'hygiène en milieu rural et à la non fréquentation des formations sanitaires du à l'insuffisance des structures sanitaires.

 

3.2.3. Les migrations

 

Tableau 15 : Migration interne et externe en 1996

 

 

 

Sanguié

Entrants

Sortants

Migration nette ou solde

Nombres

Taux

Nombres

Taux

Migration interne

19 199

07,7 %

20 232

08,11 %

-1 033

Migration externe

1702

0,7 %

3842

01,5%

-2140

Total

20 901

08,4

24 074

09,6

-3173

Source : ISND. Analyse des données du recensement de 1996

 

Au vu du tableau, le constat est qu'au Sanguié le solde migratoire est négatif. Il y a plus de sortants. Les raisons des départs sont plus ou moins ignorées.

 

Au niveau des migrations internes, beaucoup viennent d'autres provinces à la recherche des terres cultivables. Cette population s'installe le long du Mouhoun et à côté des forêts classées. Les sorties concernent surtout les jeunes qui vont généralement vers les grands centres et dans les grandes villes à la recherche du travail.

 

Au niveau des migrations externes, les entrants sont des revenants ou des originaires du Sanguié nés à l'étranger. Les sortants sont surtout les jeunes aux bras valides qui partent à l'étranger à la poursuite du travail. Comme nous le savons, le Sanguié tire une grande partie de sa richesse dans les activités agro-pastorales. La fuite des bras valides qui freine la promotion de ces activités est une contrainte majeure pour la développement de la province, surtout que la contre partie est insignifiante. Ce qui justifie en partie le sous développement de la province.

 

3.2.4. L'habitat

 

L'habitat de type traditionnel est caractérisé par un îlot d'habitations en matériaux locaux, généralement regroupés en concessions où cohabitent des personnes de génération différentes. Néanmoins dans les chefs lieux de départements et dans les villages aux abords des grands axes routiers on note le développement d'habitat moderne. Les villes de Réo, Dydir, Pouni et Ténado sont loties.

 

3.2.5. Le mode de vie        

 

Le régime alimentaire au Sanguié est peu varié. Le repas est à base de céréales (mil,       

sorgho etc..) et de légumineuses, accompagné généralement de sauces pauvres en          
légumes malgré la renommée du Sanguié comme étant un grand producteur de

produits maraîchers. Toute la production est destinée à la vente au détriment de la  

nutrition.         

 

La vie des populations est rythmée par la tenue régulière de marchés tous les trois jours    

et surtout par la célébration des « 21 des marchés » (marché tombant sur un

dimanche). Cette célébration est marquée par des soirées dansantes, une forte

consommation d'alcool et un libertinage sexuel surtout de la part des jeunes. Ce dernier     

point est néfaste à la santé de la population puisque ce libertinage sexuel entraîne la          

propagation du VIH/SIDA et des MST. La consommation incontrôlée de l'alcool nuit à la

santé de l'homme.                


IV - ETAT DES SECTEURS SOCIAUX

 

4.1.   Diagnostique de la situation sanitaire

 

Le district sanitaire de Réo relève de la Direction Régionale de la santé du Centre Ouest/ Koudougou. Il coordonne et organise à travers son équipe cadre composé de huit (8) membres, les activités de 28 formations sanitaires.

 

4.1.1. Les principales maladies

 

Les principales maladies rencontrées dans la province du Sanguié sont :

 

-Le paludisme

-Les affections respiratoires

-Les maladies de la peau

-Les maladies diarrhéiques

-Les affections digestives

-Les parasitoses intestinales

-Les maladies de l'œil

-Les affections génito-urinaires

-La rougeole

-méningites cérébro-spinales (MCS)

-La lèpre

-La tuberculose.

 


 

Tableau 16 : Evolution des principales affections au cours

des Huit (8) dernières années

 

     Année

Affection

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

Paludismes

8619

11166

13872

12398

14416

13805

15924

18163

Affections respiratoires

4826

3872

5213

6702

6082

6603

7094

9024

Maladies de la peau

4064

3778

4274

4503

5432

5135

4662

4907

Maladies diarrhéiques

2890

3050

3008

3653

3673

4203

4008

3883

Affections digestives

1699

1233

1491

1807

2100

1982

1750

1845

Parasitoses intestinales

692

799

952

983

1141

1094

1329

1845

Maladies de l'œil et de ses annexes

982

1049

1143

902

1328

1033

1229

1314

Affection génito-urinaire

818

853

797

1192

1399

1132

458

236

Rougeole

556

1056

06

220

240

55

379

90

MCS

102

992

3042

269

109

105

177

522

Source : District sanitaire de Réo

 

Tableau 17 : Evolution des maladies occasionnant plus de décès de 2000 à 2002

 

 

Maladies

2000

2001

2002

Nombre de cas

Nombre de décès

Nombre de cas

Nombre de décès

Nombre de cas

Nombre de décès

Paludisme

13805

123

15924

117

18163

77

Maladies diarrhéiques

4203

15

4008

10

3883

05

Affections respiratoires

6603

28

7094

33

9024

21

Rougeole

55

01

379

10

90

02

Méningites

105

23

177

34

522

68

Source : District sanitaire de Réo

 

A travers ces deux tableaux, nous constatons que le paludisme demeure le premier motif de consultation dans les formations sanitaire, suivi des affectations respiratoires, des maladies de la peau et des maladies diarrhéiques. On retiendra la flambée de la méningite-cérébro spinale en 1996, en 1997 et en 2002.

 


Les enfants de moins de cinq ans sont les plus atteints par le paludisme, les affections respiratoires, les maladies diarrhéiques et la rougeole. En ce qui concerne la MCS, la . tranche d'âge la plus atteinte se situe entre 05 et 14 ans. Les maladies de la peau, les affections digestives et les parasitoses intestinales touchent plus les adultes.

 

Au cours des trois dernières années, le paludisme, la MCS, les affections respiratoires et les maladies diarrhéiques ont fait le plus de victimes.

 

Le paludisme reste la première cause de mortalité dans le district, suivi de la MCS, surtout chez les enfants de moins de cinq ans. En effet, le taux de létalité dû au paludisme est de 2,17% chez les enfants de moins de cinq ans contre 0,16% chez les adultes ; pour la MCS, 38,29% chez les enfants contre 26,15% chez les adultes.

 

Les maladies à potentiel épidémique concernent la rougeole et la MCS qui ont sévi surtout en 1996, 1997 et 2002 avec une ampleur jamais égalée.

 

Les maladies à élimination : la lèpre et le tétanos néonatal

 

- La lèpre : les activités de lutte contre la lèpre sont intégrées aux autres

activités des formations sanitaires. Toutes les formations sanitaires disposent aussi de support de dépistage et de médicament pour la prise en charge gratuite des cas. Les agents n'étant pas tous formés, d'une part, des difficultés diagnostiques subsistent et d'autre part, l'ignorance de certaines pratiques socio-culturelles constituent des facteurs d'aggravation du problème de la lèpre.

 

- Le tétanos néonatal : le district sanitaire a enregistré un cas (01) de tétanos

néonatal en 2001. Un accent particulier a été mis sur la sensibilisation et la
surveillance de la pathologie

 

- Les maladies ré émergentes : La tuberculose dont la prise en charge des

malades s'articulent autour de la mauvaise référence des malades par d'autres CDT et du manque d'assiduité des malades surtout au cours de la première phase du traitement. A cela s'ajoute le développement des résistances aux antituberculeux et l'impact négatif de l'association tuberculose/VIH-SIDA.

 

Les maladies émergentes :

 

Infections sexuellement transmissibles (la gonorrhée, la syphilis) : On note une évolution croissante des infections sexuellement transmissibles dans le district. Un effort est consenti dans l'amélioration de la prise en charge des cas avec l'introduction de l'approche syndromique.

 

VIH / SIDA : Le district ne dispose pas de données exactes sur les cas du SIDA ; ce qui ne permet pas de mesurer l'ampleur réelle du fléau au sein de la population. Néanmoins, on a pu notifier 17 cas en 1998, 32 cas en 1999 et 57 cas en 2001 affectant plus particulièrement la tranche d'âge de 15 à 35 ans.




Les maladies faisant l'objet d'éradication : la dracunculose, la poliomyélite et la schistosomiase génito-urinaire.

 

- la Dracunculose : Aucun cas de ver de guinée n'a été notifié en 2002 par les
formations sanitaires.

 

 

- la poliomyélite : La surveillance active du PFA est assurée dans toutes les formations sanitaires conformément aux directives du Ministère de la santé et deux (2) cas de PFA ont été notifiés en 2002.

 

- La schistosomiase génito-urinaire est aussi une affection qui persiste toujours dans le district, en témoignent les cas enregistrés au cours de ces cinq dernières années : 130 en 1997, 91 en 1998, 112 en 1999, 1132 en 2000, 458 en 2001 et 236 en 2002.

 

Les indicateurs de santé

 

Tableau 18: Evolution des indicateurs de Santé de 1997 à 2002

 

 

 

 

 

 

 

 

        Année
Indicateur      

1997

1998

1999

2000

2001

2002   

 

Taux de fréquentation

18,99%

29,84%

32,47%

27,98%

17,82%

19,90%

Taux d'hospitalisation

17,44%o

08,52%o

10,32%o

10,66%o

11,39%o

12,89%o

Taux de mortalité dans les formations sanitaires

107,39%o

112,68%o

82,13%o

80,60%o

83,23%o

 

Taux de décès maternels

15,89%oO

17,60%oO

17,15%o0

5,36%oO

10,19%oO

7,61%oO

Taux de couverture obstétricale

37,39%

24,93 %

25,18%

26,82 %

27,48 %

27,20 %

Taux de couverture prénatale (cpn_2)

64,77 %

55,90 %

59,09 %

41,75%

35,03 %

39,62 %

Taux d'avortements

12,25%o

09,70%o

11,92%o

10,41%o

13,13%o

12,52%o

Taux de couverture nourrissons

16,04%

18,11 %

24, 85 %

21,63 %

26,69 %

22,73 %

Taux de Prévalence Contraceptive

04,23 %

04,69 %

05,17%

5,60 %

5,34 %

6,01 %

Taux de couverture BCG

57,53 %

65,51 %

66,87%

44,18%

102,20%

79,14%

Couverture Dt coq + Polio III

23,04%

37,45 %

32,32 %

26,62 %

89,55 %

51,56 %

i

Couverture VAR / FJ

29, 62 %

48,70 %

51, 12%

37,78 %

67,70 %

48,54 % 1

Couverture VAT-2

06,34 %

08,92 %

09,87%

11,51 %

47,43 %

38,54 % 1

I

Source : District sanitaire de Réo

 

Dans l'ensemble les indicateurs de santé ne sont pas satisfaisants.

 

4.1.2.  Les facteurs qui influencent l'état de santé de la population

 

ü      Facteurs géographiques

 

- enclavement de certaines localités en hivernage,

 

- l'éloignement des populations avec les formations sanitaire. Par exemple en
2001 50,56 % de la population vivaient dans un rayon de 5 km d'une formation
sanitaire, 76,72 % de la population vivaient dans un rayon de 10 km et 23,28 %
vivaient au delà de 10 km d'une formation sanitaire.

Cette distance ne leur permet pas d'atteindre urgemment la formation sanitaire. Ils se contentent des racines et des produits sans dose qui nuisent à la santé.

 

ü      Facteurs économiques

 

Pauvreté des populations

Revenu faible, irrégulier ou inexistant

Le poids des funérailles et des mariages traditionnels qui demeure énorme, contribue

aussi à l'appauvrissement des populations à travers les dépenses qu'elles engendrent.

 

ü      Facteurs socio-culturels

 

Malgré les efforts entrepris par le district dans le sens d'améliorer l'état de santé de la population quelques pratiques néfastes demeures toujours :

 

- le poids des coutumes (tabou alimentaire, excision pratiquée clandestinement)

- la mauvaise exploitation de la médecine traditionnelle

- le lévirat de plus en plus indexé comme facteur de propagation du SIDA

- la scarification et le tatouage avec des objets souillés.

- la forte consommation de l'alcool.

 

4.1.3.  Mortalité maternelle en 2002

 

- Taux de décès maternel    = 7,68 pour dix mille

- Taux de mortalité intra utérine    = 21,07 pour mille

- Taux de mortalité péri natale     = 52,29 pour mille




4.1.4.  Situation nutritionnelle

 

La grande majorité des habitants du district souffre d'un état de sous alimentation chronique. Cette situation est plus ressentie chez les enfants et les femmes à cause des déficits céréaliers, des tabous alimentaires et de la non maîtrise d'une alimentation équilibrée à la base de produits locaux dont regorge le district. L'état de malnutrition se traduit par l'apparition de maladies carentielles telles que l'anémie ferriprive, l'avitaminose A, le goitre endémique, le kwashiorkor et le marasme avec ses conséquences multiples : faible poids à la naissance, retard de croissance intellectuelle et staturo-pondérale des enfants, avortements prématurés, etc.... A titre d'exemple, la proportion des bébés avec un poids inférieur à 2500 g a été de 7,75 % en 1999 contre 8,53 % en 2002.

La prise en charge de certains cas se fait au sein des formations sanitaires du district et des trois centres de récupérations nutritionnelles (CREN) appartenant aux confessions religieuses.

 

4.1.5.  La couverture vaccinale en 2002

 

-B.C.G                                    79,14%

-D.T.COQ   +POLIO.3          51,56%

-V.A.R/FJ                               48,54%

-VAT. 2                                   38,54 %

 

4.1.6.  Le personnel de santé en 2002

 

Selon les normes sanitaires en matière de répartition du personnel sanitaire, celui devant composé un CSPS est constitué d'un infirmier (état ou breveté), d'une accoucheuse auxiliaire (ou d'une matrone) et d'un agent itinérant de santé. Ces trois agents constituent le strict minimum. La situation du personnel de santé dans la Province est indiquée dans le tableau ci-dessous.

 

Tableau 19 : Situation du personnel sanitaire par département (année 2002)

 

Département

médecin

Prép./ph armacie

IDE

IB

SF/Maït.

AIS

AC

Matrone

Dassa

00

00

01

01

00

00

00

01

Didyr

00

00

03

02

00

03

01

01

Réo

02

02

06

04

03

03

07

02

Godyr

00

00

02

03

00

04

00

00

Kordié

00

00

01

01

00

01

01

00

Kyon

00

00

01

01

00

01

01

00

Pouni

00

00

02

04

00

03

01

01

Ténado

00

00

01

05

00

03

02

01

Zamo

00

00

01

01

00

LÛ1

01

00

Zawara

00

00

02

02

00

02

01

01

Total

02

02

21

25

03

23

16

07

 


 


En récapitulatif, on a :      

02 médecins

01 attaché de santé
21 infirmiers d'état

02 sages-femmes d'état

01 maïeuticiens d'état
25 infirmiers brevetés

23 agents itinérants de santé

16 accoucheuses auxiliaires

07 matrones

02        préparateurs en pharmacie
02 techniciens en laboratoire
01 adjoint de comptabilité

15 personnels de soutien

 

Le personnel reste insuffisant eu égard aux normes sanitaires nationales et internationales et aussi par rapport à l'aire sanitaire de chaque CSPS. Cette insuffisance est démontrée par le tableau ci-dessous qui présente les ratios nombre d'habitants par agent de santé.

 

 

Tableau 20: Ratios personnel santé et population de la Province en 2002

 

Catégorie           Normes OMS personnel

Moyenne nationale du BF

Effectif existant

Ratios nombre d'habitants pour un agent de santé

Déficit en personnel (normes

OMS)

Médecin                1/10 000

1/28 673

02

1/134 528

23

Infirmier d'état            1/5 000

1/13 214

21

1/12 912

33

Infirmier breveté          1/3 000

1/8 164

25

1/10 762

65

Agent itinérant            1/1 000 de santé

1/6 549

23

1/11 698

246

Accoucheuse             1/1 000 auxiliaire

1/6 549

16

1/16 816

246

Matrones                1/1 000

1/6 549

07

1 /38 437

246

Sage                   1/5 000 femme/maïticien

 

1/29 316

03

1/29 316

51




La Province a d'énormes besoins au niveau de toutes les catégories de personnel pour satisfaire aux normes internationales de santé. La situation est beaucoup critique chez les matrones, les accoucheuses auxiliaires et les agents itinérants de santé.

 

4.1.6. Infrastructures et Equipements sanitaires en 2002

 

Le District de la Province du Sanguié est composé de vingt huit (28) formations sanitaires dont un (1) Centre médical, vingt deux (22) CSPS et de cinq (5) Dispensaires isolés. Il compte également vingt six (26) logements et un dépôt MEG dans chaque département. La répartition spatiale de ces infrastructures se présente comme suit :

 

Tableau 21: Répartition des infrastructures sanitaires par département en 2002

 

 

 

 

 

 

 

Départe­ment

Centre médical

CSPS

Dispensa, isolés

Mater.   Loge-isolée   ments

Dépôts : Forage MEG

Source d'énergie

Electriq.

Solaire

Réo

01

03

00

00        01        101

01

 

Dassa

00

01       00

00         04

01           01

00

01

Didyr

00          |04

00

00       102

01           01

00

01

Godyr

00

04

00

00         03

01           01

00

01

Kordié

00

01

00

00         02

01           01         !00

01

Kyon

00

01

00

00         04

01           01

00

00

Pouni

00

03

01

00         02

01            01

00

01

Ténado

00

02

02

00         02

01           01         00

01

Zamo

00

01       l01

00         03        101            01       00

00

Zawara

00

02

01

00          03

01           01

00

00        j

Total

01

22

05

00         26

10           09

01

06

Source : District sanitaire de Réo

 

N.B. : Chaque CSPS est composé d'un dispensaire et d'une maternité


 


3) Equipement

 

 Tableau 22 : situation des équipements sanitaire en 2002

 

Equipement

Nombre

Etat

Véhicules

03

Passable

Ambulances

04

3 bons et 1 passable

Motos

45

Passable

Réfrigérateurs

26

6 bons et 20 passables

Source : District sanitaire de Réo

 

Le matériel et l'équipement sont très insuffisants pour l'organisation des activités du district.

 

4.1.7. Les dépenses de santé/ tête d'habitant.

 

Les dépenses se composent des dépenses du district et les dépenses des CSPS. Dans chaque CSPS il y a un comité de gestion qui s'occupe des affaires financières du CSPS. En 2002 les dépenses totales en santé du district et comités de gestion des CSPS confondus s'élevaient à 101 821 659,5 francs CFA ; soit 378 f par habitant. Cela est très insignifiant, ce qui fait que les patients sont obligés de prendre sur eux la quasi-totalité des frais occasionnés par les soins.

 

En effet, mis à part tes prestations qui sont gratuites pour les malades (parce que   

toujours pris en charge par l'Etat en ce qui concerne les dispensaires, les CSPS, les          
maternités et les CM), ceux-ci sont obligés de payer tous les médicaments et autres

petits matériels (bandes, compresses, coton, gans, seringues etc..) nécessaire pour          

les soins.




4.1.8. Les difficultés          

 

Le district rencontre beaucoup de problèmes ; Les principales difficultés sont :

 

- l'inexistence de structure de deuxième échelon,

- l'inadaptation des locaux du CM à l'organisation des services,

- l'absence de clôture pour le CM,

- la faiblesse des indicateurs de santé,     

- la mauvaise organisation du système de référence,

- la contre référence inexistante,    

- La qualité des soins non satisfaisante,   

- l'inaccessibilité des formations sanitaires en toute saison. Plus de 23,28% de la
  population vit au-delà de 10 kilomètres des formations sanitaires.     

- l'insuffisance des infrastructures, de l'équipement, du matériel médico-        
  technique, des ressources financières par rapport aux besoins du district.

- l'inexistence de source d'eau potable et d'éclairage solaire dans certaines 
  formations sanitaires         

- l'inexistence d'une banque de sang pour les urgences.

 

4.2. Diagnostique de la situation dans le secteur de l'éducation

 

4.2.1. Situation au primaire

 

   Carte scolaire    

 

La Direction Provinciale de Enseignement de Base et de Alphabétisation du Sanguié        

est organisée en quatre (4) Circonscriptions d'éducation de base qui sont :   |

La circonscription d'éducation de base de Réo (Réo communes et Réo départements).     

 

La circonscription d'éducation de base de Didyr (les écoles des départements de

Didyr, Dassa, Kordié et Godyr).     

 

La circonscription d'éducation de base de Ténado (les écoles des départements de

Ténado et de Kyon). .          

La circonscription d'éducation de base de Pouni (les écoles des départements de Pouni,
Zawara et de Zamo).           

                       

L'ouverture de la circonscription de Dassa a porté le nombre à cinq (5) pour la rentrée scolaire 2003-2004.

Dans l'ensemble, la situation de l'enseignement primaire a connu une augmentation au niveau du nombre des infrastructures, des élèves, et des enseignants.

 

Tableau 23 : Situation des écoles et des classes par circonscription en 2002- 2003

 

 

Circonscription

Nombre d'écoles

Nombre de classes

Publiques

Privées

Publiques

Privées

Réo

30

03

150

09

Didyr

40

01

138

02

Ténado

29

02

119

12

Pouni Zawara

37

01

127

03

Total Province

136

07

534

26

Source : DPEBA/Sanguié rapport de fin d'année scolaire 2002- 2003

 

 

Le nombre d'écoles est passé de 132 à la rentrée scolaire 1999/2000 à 143 en 2002/2003. Le nombre de classes a également connu une nette augmentation sur la même période. Il est passé de 494 à 560 classes. Le privé détient pour l'année scolaire 2002-2003, 07 écoles avec 26 classes.

 

Tableau 24 : Répartition des effectifs des élèves selon le sexe

et la Circonscription en 2002- 2003

 

 

Circonscriptions

Effectif des élèves du public      !       Effectif des élèves du privé

Garçons

Filles

Total (G+F) i Garçons j    Filles

Total (G+F)

Réo

4000

3611

7611       i     183     j      194

377

Didyr

3509

2589

6098      i      42      !       28       !         70

Ténado

3227

2359

5586      |     149     !      224      !        373

Pouni Zawara

2913

1904

4817      i      32      |       24

56

Total

13649

10463

24112      |     406     |      470

876

Source : DPEBA/Sanguié rapport de fin d'année scolaire 2002- 2003

 

Quant aux effectifs des élèves, il y avait 23930 en 1999/2000 et 24988 élèves à la rentrée scolaire 2002/2003


 

Tableau 25


    Taux de scolarisation

 

Evolution du taux brut de scolarisation selon le sexe de 95 à 2003


 

 

Année scolaire

 

Taux brut de scolarisation

 

Garçons

 

Filles

 

Ensemble

1995-1996

54,64

 

37,39

 

46,24

1996-1997

54,7

 

39,8

 

47,6

1997-1998

56,9

 

41,8

 

49,5

1998-1999

52,2

 

40,8

 

46,7

1999-2000

42,89

 

44,91

 

47,95

2000-2001

51,0

 

41,4

 

46,4

2001-2002

48,9

 

41,0

 

45,1

2002-2003

50,7

 

42,4

 

46,7

Source : DPEBA/Sanguié

 

Le taux de scolarisation a évolué irrégulièrement d'une année à l'autre. Le meilleur score a été réalisé pendant l'année scolaire 1997-1998 (49,5 %). La campagne scolaire 2001-2002 a enregistré le plus faible résultat (45,1%), mais l'absence de données fiables sur la population scolarisables ne permet pas une appréciation objective de révolution de cet indicateur. Les réalités du terrain indiquent toute fois la nécessité d'améliorer le taux de scolarisation. La pauvreté des parents, l'éloignement des écoles dans certaines localités et les pesanteurs socio culturels sont des facteurs freinant révolution du TBS.

Les efforts de sensibilisation ont conduit à une évolution positive du TBS des filles (une augmentation de 5 points entre 1995 et 2002) mais l'écart entre cet indicateur et celui des garçons reste très remarquable. Des efforts restent à faire notamment dans les zones Nord et Sud de la Province.

Il y a lieu d'encourager toute inscription de filles au cours préparatoire 1ere année par la gratuité des fournitures scolaires, parce que le taux reste toujours faible.

 

    Personnel de l'éducation selon le sexe et par catégorie

 

Le personnel de l'éducation est composé des enseignants qui tiennent des classes, et ceux qui sont dans les bureaux ; soit un total de 566 personnes (464 hommes et 102 femmes) au niveau du public contre 23 enseignants au privé.




Tableau 26   : Répartition du personnel en classe du public par sexe,

  par catégorie et par Circonscription / année scolaire 2002/2003

 

 

IA

IAC

 

IC

IP

 

 

H

F

T

H

F

T

H

F      T   :   H

F

T

Réo

03

01

04

38

30

68

44

09 ! 53 i 06

00

06

Didyr

00

00

00

66

13

79

51

00  51   03

00

03

Ténado

00

00

00

51

15

66

29

04  33  03

00

03

Pouni

01

00

01

71

12

83

36

03  39  02

00

02

Total

04

01

05

226

70

296

160

16 ! 176  14

00

14

Source : DPEBA /Sanguié

 

NB : les maîtres des écoles satellites ne sont pas pris en compte

 

Le personnel en classes est insuffisant par rapport au nombre de classes dans les différentes Circonscriptions de la Province. 520 enseignants pour 534 classes au niveau du public soit un déficit de 14 enseignants. Nous constatons aussi une faible représentativité des femmes soit 19 % de l'effectif total.

 

Tableau 27   : Répartition du personnel au bureau (public) par sexe,

  par catégorie et par Circonscription / année scolaire 2002/2003

 

I

EPC

)

IU

CPI

IP

 

IC

 

 

IAC

 

 

Total

H

F

T

H

F

T

H

F

T

H

F

T

H

F

T

H

F

T

H

F  T

Réo ; 01

00

01

01

00

01

01

00

01

01

00

01

17

00

17

01

01

02

22

01 23

Didyr 01

00

01

00

00

00

00

00

00

01

00

01

05

00

05

02

00

02

09

00: 09

Ténado 01

00

01

00

00

00

01

00

01

01

00

01

03

00

03

00

00

00

06

00 06

Pouni : 01

00

01

00

00

00

01

00

01

01

00

01

04

00

04

01

00

01

08

00 08

Total 04

00

04

01

00

01

03

00

03

04