MONOGRAPHIE DU KOULPELOGO

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CHAPITRE V :  LES SECTEURS DE PRODUCTION

 

La disponibilité des données statistiques sur plusieurs années, auraient permis une plus grande appréciation des différents secteurs de production. Mais comme la province n'existe que depuis 1996 et que les structures provinciales chargées de l'encadrement ne sont encore qu'au stade de mise en place, la plupart des données n'ont pas été obtenues. Le travail de terrain réalisé donne néanmoins les informations (M suivantes :

 

5.1. L'agriculture

5.1.1.  Les facteurs de production agricole.

L'activité agricole dans la province du Koulpélogo est, comme partout ailleurs au Burkina, marquée par l'effet conjugué des facteurs pédologiques et climatiques, en général, peu favorables et de la gestion traditionnelle des terres. L'agriculture y est toujours orientée vers la subsistance avec des pratiques agricoles peu adaptées. Il est néanmoins important de noter dans cette province une relative bonne pluviométrie couplée à une moyenne fertilité des terres cultivées.

Pour la fertilisation des sols, les producteurs ont recours essentiellement à la fumure organique tandis que la fumure minérale est surtout pratiquée dans les périmètres rizicoles irrigués et les zones cotonnières. Les statistiques concernant la consommation des engrais sont mal connues mais il est évident que l'emploi des engrais est très faible car le mode d'approvisionnement par les commerçants et au comptant suppose des disponibilités financières au départ qui ne sont possibles que pour une minorité de paysans.

5.1.2.  Structure de la production (exploitants, exploitations).

Au Koulpélogo, à l'instar des autres provinces du Burkina, l'unité de production est le ménage qui par définition est un groupe de personnes logeant et produisant ensemble et dont la production est gérée par un chef de ménage. L'organisation de la production est donc fonction des moyens dont dispose le ménage : la taille du ménage, la terre (propriétaire ou non), le matériel (niveau d'équipement), le cheptel, les moyens financiers et techniques (niveau de technicité) et statut social.

L'exploitation du ménage est constituée de champs familiaux (collectifs) et de champs individuels. Dans les champs familiaux, tous les membres de la famille y travaillent, le souci majeur étant la subsistance (on y pratique généralement les cultures céréalières). Les


champs individuels sont généralement détenus par les femmes et certains membres actifs des ménages y travaillent les jours de repos et/ou en dehors des heures de travail des champs familiaux. Ils y produisent en général les cultures de rente et maraîchères dans le souci d'avoir un revenu monétaire.

On observe quatre systèmes de culture dans la province du Koulpélogo : les champs de case (majoritaires), les champs de village, les champs de brousse et les champs de campement. La répartition des parcelles cultivées par type de terrain fait ressortir en premier lieu les plaines/plateaux, suivi des bas-fonds et des versants. Cette répartition correspondrait à un système d'occupation de l'espace qui est dictée par les types de production, les contraintes physiques de l'environnement, les techniques utilisées et la disponibilité des terres cultivables.

5.1.3. Principales productions agricoles

Les données relatives aux superficies emblavées, aux rendements et productions des différentes cultures concernent les campagnes agricoles 1998/1999 et 1999/2000 et elles ont été estimées par la DPA/Koulpelogo. La compilation de ces données ayant été faite à partir de celles fournies par les ZATA, la situation ne peut être présentée selon les départements. En effet, le découpage des différentes ZATA ne correspond toujours pas au découpage administratif des départements.

Pour la nouvelle province du Koulpélogo, les données officielles de production concernant les campagnes agricoles précédentes sont incluses, même pour la campagne 1998/1999, dans les statistiques des anciennes provinces du Boulgou et de Fada dont elle est issue.

 

Tableau 24 :

Volume de production et

rendement des cultures.

 

 

Désignation des spéculations agricoles

Superficie emblavée par campagne (ha)

Rendement moyen estimé (kg)

Production estimation (en tonnes)

1998/1999

1999/2000

1998/1999

1999/2000

1998/1999

1999/2000

1. Principales céréales

 

 

 

 

 

 

 

Mil

29 493

27 000

600

700

17 696

18 900

Sorgho rouge

27 528

27 718

750

800

20 646

22 174

Sorgho blanc

13 763

13 859

650

750

8 946

10 394

Maïs

1 900

3 535

900

950

1 710

3 358

5 303

Riz

3 550

3 535

1 800

1 500

6 390

Total céréales

76 234

75 647

940

940

55 388

60 129

2. Cultures de rente.

 

 

 

 

 

 

 

Coton

1 500

975

800

800

1 200

780

Arachide

9 282

. 11 358

750

750

6 962

8 519

Soja

321

2 356

600

600

193

1 414

Total cultures de rente

11 103

14 689

 

 

8 354

10 712

3. Cultures vivrières diverses

 

 

 

 

 

 

 

Niébé/haricot

118

2 356

350

350

41

825

Voandzou

317

317

400

400

127

127

Autres

275

475

ND

ND

ND

ND

Total cultures vivrières diverses

710

3 148

 

 

168

952

Source: DPA/Koulpélogo

 

Tableau 25 : Données agricoles sur la province du Koulpeiogo

 

Données disponibles ou estimées: 1999/2000

Situation provinciale

Ratios Importants

Population totale (2000)

206 934

100,0%

Population agricole

203 830

98,5%

Ménages agricoles

20 383

9,9%

Personnes par ménage agricole

9,5

 

Population agricole active

111 862

54,1%

Personnes actives par ménage agricole

5

-

Superficie totale administrative (en km2)

5 276,84

-

Densité de la population (au km2)

39,6

-

Total superficie cultivée (en ha)

93 484

17,9%

Taille exploitation (en ha)

3,1

-

Superficie cultivée par personne active (en ha)

0,84

-

Superficie cultivée principales céréales (en ha)

75 647

14,5%

Production céréalière (en tonnes)

60 129

-

Rendement kg/ha des principales céréales

795

-

Superficie cultivée en cultures de rente (en ha)

14 689

2,8%

Production cultures de rente (en tonnes)

10 762

-

Superficie des autres cultures vivrières (en ha)

3 148

0,6%

Production des autres cultures vivrières (en tonnes)

952

-

Production des principales céréales par active (en Kg)

538

-

Production des principales céréales par personne agricole (en Kg)

295

-

Production des principales céréales par personne (Pop. Totale)

291

-

Source : DPA Koulpeiogo et DREP Tenkodogo.

 

On constate, à la lecture du tableau précédent, que 98,5% de la population provinciale s'occupe de l'agriculture. La population agricole active représente 54,1% de la population totale soit 54,9% de la population agricole totale. Il existe en moyenne une main œuvre agricole de 5 personnes actives dans chaque ménage agricole. La superficie totale cultivée représente environ 18% de la superficie totale administrative dont 81% sont occupées par les céréales et 16 % par les cultures de rente. La taille moyenne d'exploitation par ménage agricole serait de 3,1 ha.

5.1.4.  Commercialisation

La position géographique de la province (zone frontalière) lui confère beaucoup de possibilités en matière d'activité commerciale. Ainsi le village de Cinkansé est un centre commercial important. Il y a également des structures commerciales qui commencent à se mettre en place à Ouargaye de par sa position de chef-lieu de province.

Le trafic est très développé en direction des pays voisins ( TOGO et GHANA) ; ce qui explique la présence des postes de douanes à Yargatenga, Sangha, Soudougui et Cinkansé. Le secteur informel y est très développé, mais en l'absence de données statistiques fiables, l'appréciation est plutôt qualitative et se fonde sur une impression d'ensemble.

5.1.5.    Problématique de l'autosuffisance et de la sécurité alimentaire

Selon les données du tableau précédent le volume de production céréaliére s'élève à 60 129 tonnes, pour une population estimée en 1999 à 201 869 habitants. Les institutions internationales estime une moyenne de 210 kg par personne et par an en matière de sécurité alimentaire. Au Koulpélogo, cette moyenne est de 291 kg/pers/an. Ce qui montre que sur le plan alimentaire la province est autosuffisante. Cependant à défaut d'un système de sécurité alimentaire assez développé (magasin, banque de céréales) et en plus de la spécificité de la zone pour son trafic, le problème de l'autosuffisance alimentaire demeure une réalité dans les localités difficiles d'accès.

5.2. L'élevage.

5.2.1. Système de production.

Dans la province du Koulpélogo, l'élevage est toujours de type traditionnel et elle est pratiquée par la quasi-totalité de la population. Elle est ainsi caractérisée par :

-         Des effectifs élevés avec cependant une productivité faible,

-         La diversité des espèces animales,

-         La précarité de la santé de certaines espèces animales avec beaucoup de mortalité chez la volaille et les petits ruminants,

-         Une alimentation insuffisante et pauvre surtout en saison sèche,

-         Une insuffisance des infrastructures et des équipements d'élevage,

-         Un faible niveau de technicité des éleveurs,

-         Une consommation faible des intrants zootechniques

-         Des problèmes fonciers entre agriculteurs et éleveurs,

-         Un faible niveau d'organisation des éleveurs.

Les principales espèces animales élevées sont les bovins, les ovins, les caprins, les porcins et la volaille. On distingue dans la province du Koulpélogo trois formes d'élevage bovin :

-         L'élevage extensif transhumant par des pasteurs (Peuhls) possédant de grands effectifs,

-         L'élevage extensif sédentaire généralement pratiqué par des agro-pasteurs ayant des troupeaux à effectifs réduits,

-         L'élevage semi-intensif pratiqué par les groupements d'éleveurs avec des unités d'embouche bovine, ovine et porcine.

L'élevage des petits ruminants est généralement sédentaire et est pratiqué par la plupart de la population. L'aviculture malgré les effectifs importants est aussi conduite de façon extensive et archaïque. Les poules et les pintades sont les espèces les plus communes.

En plus de ces espèces animales assez répandues, il est pratiqué à échelle réduite l'élevage d'équins et d'asins.

 

 

Tableau 26 : Situation des

infrastructures d'élevage.

-

 

Département

Abattoirs

Parcs

Pharmacies vétérinaires

Aires d'abattage

Marché à bétail

Pistes à bétail

1. Comin-Yanga

0

-0

0

0

0

0

2. Dourtenga

0

0

0

0

0

0

3. Lalgaye

0

1

0

0

0

0

4. Ouargaye

0

4

0

1

0

0

5. Sangha

0

0

0

0

0

0

6. Soudougui

0

0

0

0

1

0

7. Yargatenga

0

2

0

1

1

0

8. Yonde

0

0

0

0

0

0

TOTAL

0

7

0

2

2

0

Source : DPRA/Koulpelogo.

 

Tableau 27 : Situation

des effectifs du cheptel.

 

 

 

 

Province

Bovins

Ovins

Caprins

Asins

Equins

Porcins

Volaille

Tous départements

40.000

65.000

45.000

1.700

210

15.000

420.000

Source : DPRA Koulpelogo

5.2.2. Production animale.

La production animale, estimée à travers la vente des animaux tant à l'intérieur qu'à

l'extérieur, est représentée par le tableau ci-après :

Tableau 28 : Productions animales.

 

Année

Abattages contrôlés

Embouche

Bovins

Ovins

Caprins

Asins

Porcins

Bovins

Ovins

1998

1.900

4.320

2.000

28

700

120

260

1999

2.025

6.050

1.800

14

850

170

400

Total

3.925

10.370

3.800

42

1.550

290

600

Source : DPRA/Koulpelogo

 

Les données statistiques de 1998 et de 1999 montrent une croissance d'abattage de 6,6% pour les bovins et 40% pour les ovins. Quant à l'embouche, le taux de croissance est de 42% pour les bovins et de 54% pour les ovins. Le secteur de l'élevage semble déterminant tant sur l'augmentation des revenus de la population que sur les habitudes alimentaires. Ce qui constitue une Source de revenus aussi importante pour les producteurs.

 

5.2.3 Commercialisation.

Le tableau ci-après indique que la quasi-totalité des transactions de bétail, se fait en direction des pays voisins (GHANA et TOGO) avec plus de 81 712 têtes de bétail commercialisées en deux ans.

 

Tableau 29

: Commercialisation

du

bétail.

 

 

Année

 

Bovins

 

Ovins

Caprins

Destination

1998

 

250

 

15.000

8.000

Ghana

 

 

120

 

12.000

6.000

Togo

1999

 

300

 

18.000

6.000

Togo

 

 

150

 

12.000

4.000

Ghana

Total

 

820

 

57.000

24.000

 

Source : DPRA/Koulpelogo

5.4-lndustrie et artisanat.

Aucune unité semi-industrielle ou industrielle n'existe encore au Koulpélogo. Il n'existe même pas de boulangerie artisanale puisque l'approvisionnement en pain est fait à partir de Tenkodogo.